On débarque chez vous: Granges
On continue notre périple à travers les communes fribourgeoises. Ce mardi, le sort a désigné Granges, dans le district de la Veveyse.

La commune en 30 secondes
- Habitants: 1004
- District: Veveyse
- Particularité: Les habitants de la commune sont surnommés "les anges."
- Fierté locale: la chapelle de St-Nicolas
- Ce que les habitants adorent: la vue magnifique sur les Préalpes, le Moléson et la Dent de Lys. Les bus fréquents vers Palézieux et Vevey.
- Ce qui manque encore: un magasin et une école
- Le truc qu'on ne sait pas sur votre village: Granges a fêté l'arrivée de sa 1000e habitante en août dernier.
L'endroit à connaître
À Granges, les habitants se retrouvent à l'auberge comme d'autres se croisent devant une gare ou une boulangerie. Ici, il n'y a plus de magasin ni d'école, mais il reste un lieu où tout le monde finit par passer. C'est là que commence notre journée dans ce village de plus de 1000 habitants de la Veveyse. Très vite, nous ne sommes plus seuls à notre table, rejoints par plusieurs habitants qui ont envie de nous parler de leur commune.
Depuis la reprise de l'établissement par de nouveaux tenanciers en novembre dernier, les habitants ont retrouvé leur point de rendez-vous. Ici, les tables se mélangent facilement. "On va à la table de l'un et de l'autre. On s'assied pour boire un café et discuter, puis on repart", résume "FonFon", un habitué. Son épouse acquiesce: "Chaque fois qu'on s'arrête à l'auberge, on rencontre quelqu'un. Il fallait maintenir ce lieu de rencontre."
Ce matin-là, c'est Lisa qui assure le service. Fille de la nouvelle patronne, elle donne régulièrement un coup de main au restaurant. Dans un village où la population est très soudée, c'est très important d'avoir un lieu comme celui-ci, où les gens peuvent se rencontrer en dehors de chez eux", explique-t-elle.
Accueillie chaleureusement par les habitués, elle reconnaît toutefois avoir ressenti une légère pression à son arrivée. "Il faut être à la hauteur des attentes, mais les gens nous ont vite acceptés."
Le visage du jour
Né à Granges il y a 77 ans, Bernard Vienne connaît chaque recoin de la commune. Assis en terrasse, il regarde défiler les habitués avec le sourire. Pour lui, Granges reste "le plus beau village de la Veveyse". Un attachement qu'il a concrétisé durant de nombreuses années en présidant l'Association de défense des intérêts de la chapelle Saint-Nicolas. "C'est un lieu de recueillement, mais aussi un lieu de rencontre", raconte-t-il.

Construite en 1933 grâce à la participation des habitants, la chapelle est encore aujourd'hui le théâtre de mariages, de baptêmes ou de concerts. Un chœur d'hommes est même né à sa création pour accompagner les offices. Bernard Vienne en fait d'ailleurs partie, perpétuant à sa manière une tradition qui traverse les générations.
Parole aux habitantes et habitants...
Quand Rodolphe Aeschlimann, dit "Rolfi", arrive, on nous le présente comme le photographe du village. Installé à Granges depuis 53 ans, il capture la vie du village et la nature qui l'entoure avec son drone et son appareil photo. "Quand je suis arrivé, il y avait 275 habitants. Aujourd'hui on est plus que 1'000. Le village a bien évolué."
Il apprécie la vie dans la commune, qui est plus dynamique qu'on pourrait le croire. "La jeunesse fait beaucoup", assure Rolfi. Le chœur d'hommes organise depuis l'année passée une "nuit du vin cuit", en plus des fêtes de voisinage qui ont lieu dans certains quartiers.
Sur la terrasse de l'auberge, on croise aussi quelques personnes de passage. Billy, boucher à Attalens, est venu prendre un verre avec un copain. "Je connais beaucoup de monde ici, j'aime venir prendre mon petit apéro." Installée à une autre table, Gaby mange une glace avec sa petite-fille de trois ans, Dalila. Elle est venue depuis le Valais pour la garder. "C'est une belle région, très tranquille." Elle est ravie de la place de jeux, au centre du village, mais déplore le manque de commerces. "Tout se fait à l'extérieur, c'est le sort des petits villages."
Ce que nous retenons de notre journée
Granges n'a plus de magasin, ni d'école. Pourtant, la commune donne l'impression d'être tout sauf un village-dortoir. Entre une chapelle entretenue depuis près d'un siècle et une auberge où les conversations passent naturellement d'une table à l'autre, les habitants cultivent un esprit de village auquel ils semblent profondément attachés. Ici, ce sont surtout les rencontres qui font vivre la commune.


