On débarque chez vous: Châtillon
Semaine deux de notre série d'été aux quatre coins du canton. Nathan Clément et Alexia Nichele ont découvert lundi le paisible hameau broyard.

La commune en 30 secondes
- Habitants: Plus de 500 personnes
- District: Broye
- Particularité: Le Purgatoire. Au-delà, d'une vue unique sur le lac de Neuchâtel et la ville d'Estavayer, la zone accueille un château d'eau du GRAC (Groupement régional d'adduction d'eau de la Crête de Châtillon). Un réservoir datant de la fin des années 80 - abreuvé par l'eau du Lac - qui fournit aujourd'hui plusieurs dizaines de communes.
- Fierté locale: En plus d'une vue imprenable, le marché de la pomme, qui n'a lieu que tous les deux ans (la prochaine édition est en 2027!)
- Ce que les habitants adorent: On y revient... Mais quelle vue imprenable sur le lac de Neuchâtel! Et les jeudis soirs, il n'est pas impossible de retrouver des Châtillonais et des Châtillonaises taquiner le cochonnet au boulodrome (un ancien hangar à tabac remanier en temple de la boule).
- Ce qui manque encore: des transports publics, un restaurant, un magasin. un café
- Le truc qu'on ne sait pas sur votre village: Châtillon est une ancienne zone viticole (il ne restait plus qu'un seul propriétaire de vignes en 1990)
Le visage du jour
Serge Carrard, ancien syndic, nous a reçus directement dans sa ferme, au pied de son champ de betteraves et d'une vue imprenable sur le château d'Estavayer et le lac "qui est tous les jours différente", sourit-il. Fils de Châtillon depuis 59 ans, il ne quitte jamais la région l'été et ne se lasse pas du paysage.
Serge Carrard a d'ailleurs servi sa commune, dans l'administration communale pendant une trentaine d'années. L'héritier d'une longue lignée de syndics, qui a rendu la syndicature en mars, n'a pas tout à fait raccroché : "je viens de boire le café avec la secrétaire communale", confie-t-il avec un sourire.

Interrogé sur les améliorations encore possibles pour la commune, l'ancien élu cite en priorité la mobilité réduite, avec la nécessité de créer des trottoirs pour améliorer la sécurité des piétons et des promeneurs, en pensant notamment aux personnes âgées.
Parole aux habitantes et habitants... Pourquoi venir à Châtillon cet été?
- "Parce que le SlowUp de la Broye passe à deux pas du village dimanche prochain. Le village est par ailleurs traversé par des itinéraires VTT", Romain
- "Pour monter sur la colline du "Purgatoire" et admirer la vue dominante sur le lac de Neuchâtel", Monique
- "Pour vivre l'ambiance du jeudi aux entraînements de pétanque: et si vous ne jouez pas, vous pouvez boire un verre!", Sophie
- "Pour y promener les chiens de la SPA de Fribourg, qui se situe à Font, de l'autre côté de la forêt et de l'autoroute", Florence
L'endroit à connaître
Une trentaine de métiers à tisser installés dans une maison familiale, ça surprend. C'est là que vit et travaille Sandra Schärer, avec sa fille Felizia, tisserande. La Maison du Tissage est née de cette conviction simple: donner à la jeune femme de 28 ans, autiste, un espace où déployer un vrai savoir-faire. Sandra le résume ainsi: "On a très à cœur de donner du courage à notre fille d'avancer dans son métier, mais aussi d'encourager les autres parents de trouver cette richesse dans leur enfant."
L'atelier, ouvert à tous, accueille aussi bien les curieux de passage que des groupes d'enfants dès 4-5 ans, ou des adultes venus tisser une pièce de A à Z. On y trouve des métiers suisses datant des années 1970, remis en état, ainsi que des modèles simplifiés pensés pour des personnes en situation de handicap. Les créations de Felizia — linges gaufrés, tapis, écharpes, jusqu'à une veste "qui rappelle le style Chanel" — sont à vendre sur place.
Ce même engagement a donné naissance, fin mars, à la Fondation Felizia, Guide Autisme et TND (ndlr: troubles du neurodéveloppement), fondée par Sandra et son mari Beat Schärer. Sa mission: trouver ses repères, et raccourcir les chemin pour les familles touchées par l'autisme ou un trouble du développement neurologique. Un enjeu de taille en Suisse, où l'on estime qu'environ 1% de la population vit avec un trouble du spectre autistique et plus d'un million de personnes concernées par un TND au sens large, dans un système d'aide que la fondation qualifie "à bout de souffle".
Ce que nous retenons de notre journée
Ce hameau agricole niché entre Lully et Font s'est mué, aux portes d'une Estavayer en plein essor, en une commune résidentielle paisible. Les anciens chalets de vacances ont peu à peu cédé la place à des villas modernes, et de jeunes familles sont venues s'y installer, au grand bonheur des habitants.
Ces derniers affichent fièrement leur particularisme: contrairement à leur voisine Font, ils n'ont pas fusionné avec la capitale broyarde. Leur tranquillité, ils y tiennent, et leur vrai luxe reste la vue imprenable sur le lac.
Mais ne vous y méprenez pas: si le village baigne dans la quiétude, ses habitants ouvrent leur porte sans hésitation, le cœur sur la main, et avec des histoires plein la tête.


