Les cultures s'assèchent, le bétail suffoque
Le manque de pluie inquiète les agriculteurs qui essaient de soulager leur bétail et limiter les dégâts sur leurs cultures.
Lundi matin, Jean-Philippe Cotting consulte la météo sur son téléphone portable. Les prévisions ne lui laissent guère d'espoir. L'agriculteur est inquiet: "Pas du tout de pluie, des températures en augmentation, éventuellement des orages pour la fin de semaine: ce n'est pas une bonne nouvelle du tout, y compris pour les animaux, y compris pour les cultures."
Dans son exploitation glânoise, la pluie se fait attendre depuis une dizaine de jours. Une période déjà suffisamment longue pour fragiliser certaines cultures, notamment les pommes de terre. D'autant que cette parcelle ne peut pas être irriguée artificiellement.
Des pommes de terre qui peinent à se développer
Au milieu de son champ, l'agriculteur montre des plants qui commencent déjà à souffrir. "Lors des prochaines journées chaudes, la tige va devenir flasque. Ça devient mou. On doit absolument la protéger le plus longtemps possible."
En attendant la récolte, prévue au plus tôt à la mi-août, les marges de manœuvre sont limitées. Jean-Philippe Cotting applique un traitement à base d'algues marines afin de réduire l'évaporation de la plante. Une solution qui représente un coût supplémentaire, sans garantie de sauver le rendement. Pour mesurer les effets de la sécheresse, il déterre quelques tubercules.
On voit qu'on a même de la poussière. Et c'est sec jusqu'au fond. Les tubercules ne sont pas très grosses.
Dans ses mains, quatre ou cinq petites pommes de terre illustrent concrètement la situation.
La chaleur met aussi les animaux à rude épreuve
Les cultures ne sont pas les seules à souffrir. Dans les bâtiments d'élevage, la chaleur impose également une vigilance de tous les instants.
Pour ses taureaux, Jean-Philippe Cotting a installé des brumisateurs. Les veaux bénéficient d'un ventilateur. À la porcherie, les défis sont encore plus importants. Dans la nuit, une truie a mis bas seize porcelets. Avec les fortes chaleurs, sa température corporelle peut grimper jusqu'à 40 degrés, ce qui contraint l'éleveur à lui administrer un anti-inflammatoire au moment de la mise bas.
Des risques supplémentaires pour les porcelets
La chaleur modifie aussi le comportement des jeunes animaux, avec des conséquences parfois dramatiques. "L'autre problème, c'est que les porcelets ne veulent plus aller dans leur niche, qui les protège de leur maman. Il fait tellement chaud qu'ils préfèrent rester près d'elle et, même si elle est très maternelle, il arrive qu'elle en écrase."
Un imposant ventilateur souffle de l'air frais dans la porcherie. Ce lundi, le thermomètre affiche encore une température relativement supportable, autour de 25 degrés. Mais les prochains jours s'annoncent bien plus difficiles.


