Il invite à dormir chez lui ceux qui ne peuvent pas dormir
Le Centre du sommeil de Bulle a fêté son premier anniversaire la semaine dernière. Une foule impressionnante était présente.

Au programme, des portes ouvertes et différents ateliers. Sur le principe, donc, rien de très surprenant. Et pourtant, la population a largement répondu présente. La semaine dernière, à l'occasion du premier anniversaire du Centre du sommeil de Bulle, les organisateurs ont failli être dépassés. Les derniers arrivés ont carrément dû suivre la conférence du Dr. Luis Martins depuis la cage d'escaliers, tant il n'y avait plus une place de libre à l'intérieur des locaux.
Comment expliquer un tel engouement? Selon le spécialiste, il y a plusieurs raisons. "Les gens accordent davantage d'importance au sommeil, car ils veulent optimiser leur qualité de vie, ainsi qu'être bien au niveau de la concentration et de la vitalité. Et c'est vrai que, avoir un bon sommeil, ça permet d'être mieux la journée." Le pneumologue ajoute que, le problème, c'est aussi que beaucoup de personnes travaillent ou sont exposées aux écrans jusque tard le soir. D'autres, en revanche, se lèvent tôt. "Et le sommeil impacte la journée et les performances", analyse le spécialiste.
Des signes qui ne trompent pas
Cela dit, le Centre du sommeil de Bulle, le seul du genre dans le canton de Fribourg, s'adresse aux personnes souffrant de troubles, tels que: l'insomnie, les apnées du sommeil, le syndrome des jambes sans repos ou la narcolepsie. Mais il n'est pas toujours aisé de se rendre compte que l'on souffre de l'un ou l'autre. "Ce qui doit nous alerter, c'est par exemple quand on a l'impression de se lever fatigué, alors qu'on a dormi suffisamment d'heures, dans de bonnes conditions. Et ce, durant plusieurs mois. Ce n'est pas parce qu'on a eu une mauvaise semaine qu'on doit tout de suite consulter. Cette notion de durée est importante."
Ainsi, les spécialistes du Centre du sommeil convient les patients à venir passer une nuit sur place. L'essentiel étant de poser le bon diagnostic. À cet effet, trois chambres, semblables à des chambres d'hôtel, sont à disposition. "Cela nous permet de faire une polysomnographie, qui est l'examen du sommeil le plus complet", considère Luis Martins. Une fois la pathologie identifiée, un traitement adapté peut être proposé. "Cela va d'une brève psychothérapie pour une insomnie à une CPAP pour des apnées du sommeil. Dans d'autres cas, on peut proposer un traitement positionnel ou un neurostimulateur. Bref, l'important c'est de déterminer la meilleure solution pour chaque cas", estime le directeur médical du centre bullois.
Bon pour le corps et l'esprit
Si, pour les patients, l'essentiel est de ressentir une amélioration du quotidien, un manque de sommeil réparateur peut aussi avoir de graves conséquences. "Par exemple, l'apnée du sommeil est associée à des risques pour l'hypertension artérielle, des troubles du cœur ainsi que des risques d'AVC. De plus, lorsqu'on dort bien, on est mieux au niveau immunitaire et en termes de régénération cellulaire et de récupération musculaire. Même la santé mentale est très liée au sommeil. Il nous permet de mieux réguler nos émotions, diminuant ainsi le risque de dépression ou les envies suicidaires", conclut Luis Martins.


