Conseil d’État: les idées fortes des 14 candidats
À l’approche des élections du 8 novembre, retour sur les propositions et les convictions des candidats au Conseil d’État, invités de Radio Fribourg.

Ils sont quatorze. Dans un mois, il ne seront plus que sept. À l’approche du premier tour des élections cantonales du 8 novembre, Radio Fribourg a consacré une matinale à chacun des 14 candidats au Conseil d’État. Finances publiques, école, santé, climat ou mobilité: retour sur les principales propositions et convictions exprimées par les prétendants au gouvernement fribourgeois.
Romain Collaud, investir sans augmenter les impôts
Après le rejet de la loi sur l’assainissement des finances de l’État, le ministre sortant estime qu’un nouveau plan d’économies sera nécessaire. Mais le PLR s’oppose à une hausse des impôts et souhaite revoir le frein à l’endettement pour permettre au canton d’investir. "Le but n’est pas de couper dans les prestations." assure-t-il. Pour préparer l’avenir, il estime toutefois qu’"on doit pouvoir des fois investir massivement".
Lise-Marie Graden, des logements accessibles grâce à l’État
La préfète de la Sarine veut faire du logement une priorité si elle rejoint le gouvernement. Pour la socialiste, les pouvoirs publics doivent agir davantage afin de proposer des loyers abordables, notamment en soutenant les coopératives et en achetant des terrains. Elle défend également un droit de préemption pour les collectivités publiques. "Une politique du logement, ce n’est pas seulement construire des appartements", rappelle la préfète.
Philippe Demierre, redresser l’HFR sans sacrifier les soignants
Confronté aux déficits de l'HFR et au financement du futur hôpital, le ministre sortant de la santé veut mieux maîtriser les dépense plutôt que d'opérer des coupes dans le personnel. "Les économies ne doivent pas être faites au détriment du personnel soignant", insiste l’UDC. Pour financer le futur hôpital, estimé à plusieurs centaines de millions de francs, il évoque plusieurs modèles, dont un partenariat avec des acteurs privés.
Ayana Abdulle, une fiscalité plus équitable pour les services publics
Pour sa première candidature au Conseil d’État, la représentante du jeune collectif DAS-WAS veut porter la voix des personnes précaires et défendre une meilleure redistribution des richesses. L’infirmière en pratique avancée réclame notamment la fin des avantages fiscaux accordés aux grandes entreprises. "Il n’y a pas besoin de créer plus de richesses. Il y en a. Il s’agit juste de les répartir plus équitablement", estime Ayana Abdulle.
Stéphanie Tschopp, investir dans l’école inclusive
Enseignante et codirectrice d’école primaire, la socialiste considère que l’éducation doit bénéficier de moyens supplémentaires pour répondre aux besoins des élèves et aux difficultés rencontrées par les enseignants. Favorable à l’école inclusive, elle estime que son fonctionnement actuel atteint parfois ses limites. "Si nous voulons une école inclusive, cela a un coût. Il faut donc investir pleinement dans ce domaine", défend Stéphanie Tschopp.
Markus Julmy, faciliter le passage aux transports publics
Le candidat centriste dit vouloir miser sur une mobilité pragmatique, adaptée à un canton où de nombreux habitants dépendent de leur voiture. Plutôt que d’interdire les déplacements automobiles, il souhaite développer des parkings-relais aux abords des agglomérations et faciliter les correspondances. "Il faudrait essayer d’en augmenter l’attractivité et éventuellement inclure dans l'offre le trajet entre le hub et le lieu de travail", propose le Singinois en envisageant la gratuité des transports publics pour les automobilistes qui stationnent sur ces plateformes.
Sylvie Bonvin-Sansonnens, réorganiser l’école inclusive
La conseillère d’État sortante veut poursuivre la réforme de l’école inclusive, mais en misant d’abord sur une meilleure utilisation des ressources existantes. La ministre Verte défend notamment le co-enseignement, qui permettrait à deux adultes d’intervenir dans les classes confrontées à des difficultés. "Nous devons repenser le modèle de l’école inclusive à Fribourg", affirme l'écologiste, qui souhaite aussi "réduire la bureaucratie et supprimer les listes d’attente".
Didier Castella, soutenir Cremo sans fausser la concurrence
Face aux difficultés financières de Cremo, le conseiller d’État sortant partage les inquiétudes des producteurs de lait et souligne l’importance de l’entreprise pour toute la filière. S’il défend traditionnellement une intervention limitée de l’État dans l’économie, il considère que la situation de la laiterie justifie une attention particulière. "Cremo est une entreprise systémique. L’État ne peut pas rester sans rien faire", affirme le PLR, tout en précisant qu’aucune demande d’intervention n’a été formulée par l’entreprise.
Leonardo Gomez Mariaca, accélérer la transition énergétique
Le benjamin de la course au gouvernement (28 ans) défend le développement des énergies renouvelables, notamment de l’éolien, du solaire et du biogaz. Pour le Vert’libéral, la Suisse doit réduire sa dépendance énergétique envers l’étranger et les énergies fossiles. "On doit s’investir dans les énergies renouvelables", insiste Leonardo Gomez Mariaca, en soulignant aussi le potentiel du bois-énergie, encore sous-exploité dans le canton.
Kirthana Wickramasingam, plafonner les primes maladie à 10% du revenu
La socialiste veut maintenir la pression pour limiter la charge des primes d’assurance maladie à 10% du revenu des ménages. Elle juge insuffisant le contre-projet cantonal, qui prévoit un plafond de 10,5% et laisserait, selon elle, 6500 personnes supplémentaires sans soutien. "En l’état, c'est non, répond la conseillère communale de Bulle lorsqu’on lui demande si elle serait prête à abandonner l’initiative socialiste. Sa priorité reste de "soulager la classe moyenne".
Marie-France Roth Pasquier, désengorger les routes sans pénaliser les automobilistes
La conseillère nationale centriste veut quitter la Coupole et développer les transports publics, les pistes cyclables et le covoiturage pour réduire les embouteillages. Elle se montre aussi ouverte à une révision des déductions fiscales liées aux déplacements, mais refuse une approche uniforme. "Il faut faire attention, parce qu’il y a des gens qui peuvent très bien prendre le bus, et d’autres qui ne le peuvent pas", souligne la député et conseillère communale de Bulle, plaidant pour des solutions adaptées aux réalités des différentes régions du canton.
Vincent Pfister, donner davantage de moyens à l’HFR
Infirmier de formation et député au Grand Conseil fribourgeois, le candidat du parti de Centre Gauche défend le rôle de service public de l’Hôpital fribourgeois, même si celui-ci accumule les déficits. Il plaide aussi pour de meilleures conditions de travail afin de retenir le personnel soignant. "On doit l’accepter parce que l’hôpital public a une mission de service public", affirme Vincent Pfister à propos des pertes financières. Il souhaite par ailleurs revoir le frein à l’endettement pour permettre au canton d’investir dans ses infrastructures.
Sandy Maillard, s’attaquer aux causes des inégalités
Deuxième candidat⸱e du collectif DAS-WAS, Sandy Maillard veut faire rentrer la gauche radicale au gouvernement et défendre les personnes dont les réalités restent trop peu entendues. "Le terme radical signifie s’attaquer aux problèmes à leur source, qu’il s’agisse des inégalités sociales ou de la crise climatique. Plutôt que de soigner les symptômes, on cherche la cause profonde pour transformer les choses", explique Sandy Maillard qui plaide notamment pour des investissements climatiques plus importants et une fiscalité davantage redistributive.
Claudio Rugo, l'agitateur qui veut rouler à 40 km/h
Candidat pour la quatrième fois au Conseil d’État, le fondateur du Parti des artistes n’a pas renoncé à faire entendre sa voix. Musicien et élu au Conseil général de Fribourg, il revendique son tempérament contestataire, tout en assurant avoir gagné en maturité. Il assume: "Je suis un révolté révolutionnaire". Claudio Rugo souhaite notamment mieux soutenir financièrement les musiciens et défend le 40 km/h en ville, qu’il présente comme un compromis entre les partisans du 30 et du 50 km/h.
Revoir le débat de La Télé avec les 14 candidats au Conseil d'Etat:
