Claudio Rugo: un agitateur assagi et éternel candidat

Le fondateur du parti des artistes vise pour la quatrième fois le Conseil d'Etat. Il veut améliorer les conditions de travail des Fribourgeois.

Claudio Rugo promène son chapeau melon de campagne électorale en campagne électorale, que ce soit pour l'échelon cantonal, communal ou fédéral. © RadioFr.

"L’important, c’est de participer", Claudio Rugo pourrait en faire sa devise. Cela fait plus de 10 ans qu’il est en perpétuelle campagne. Claudio Rugo se présente à nouveau à l’élection au Conseil d’État, le 8 novembre. Il l’a déjà fait en 2016, 2018 et 2021. Mais le fondateur du parti des artistes croit toujours en la politique. "16'000 personnes courent le Morat-Fribourg en sachant qu'elles n'arriveront pas en premier, mais ça ne les empêche pas de s'inscrire", image l'infatigable candidat. 

Le Fribourgeois, qui vient de fêter ses 60 ans, est d’ailleurs aussi candidat au Grand Conseil. Par le passé, il a aussi déjà postulé au Conseil national ou encore au Conseil communal de la ville de Fribourg. 

Il promène son chapeau melon de campagne en campagne, avec des slogans qui détonnent dans le paysage politique fribourgeois, utilisant cochons, singes ou pigeons. Cette année, une simple voiture rouge trône sur ses affiches. Une allusion à sa plus grande victoire politique: l’initiative pour une heure gratuite de parking à Fribourg, acceptée en votation en juin 2024.

Un révolté révolutionnaire

Musicien, il maîtrise plusieurs instruments (guitare, trombone, tuba, mandoline et basse) et enseigne dans une école de jazz à Lausanne. Au Conseil général de la ville de Fribourg, où il a été élu il y a dix ans, il joue souvent la mélodie de l’agitateur. Il s’est brouillé avec des élus de gauche comme de droite et a même dû être escorté hors de la salle à plusieurs reprises. Son rôle politique ne serait-il pas plutôt de rester dans l’opposition que d'intégrer un exécutif collégial comme le Conseil d’État? "Le temps de l'agitation est terminé. Je ne suis plus aussi remuant qu'à mes débuts, je reconnais mes erreurs de jeunesse, même si j'aime toujours la confrontation. Je suis un révolté révolutionnaire. Je tiens ça de mes racines, de ma famille", répond-il. 

Preuve peut-être que Claudio Rugo a appris à couper la poire en deux: il milite pour le 40 km/h en ville, un bon compromis entre ceux qui veulent le 30 et ceux qui veulent le 50 km/h! 

Un son en hommage à sa maman italienne

On attendait de Claudio Rugo des musiques latines, puisqu’il est guitariste et a vécu au Brésil et à Cuba. Il a préféré un bruit nostalgique qui lui rappelle ses origines: la douce mélodie de la cafetière italienne qu'il utilise tous les matins et qu'il a héritée de sa maman. 

Le candidat du parti des artistes a été le premier à jouer au Cintra, le bar du boulevard de Pérolles, à Fribourg, en 1990. Il aimerait que les musiciens soient mieux soutenus au niveau financier. 

Comment dynamiser le marché du travail fribourgeois?

RadioFr.: Quel est le changement économique le plus important à apporter ces cinq prochaines années pour le canton de Fribourg?

Je suis un politicien qui ne fait pas de promesses. Je préfère les faits: on a amélioré les contrats de durée indéterminée pour 25 artistes à Fribourg, à l'école des petits artistes ou encore on a lancé la création d'un bureau pour lutter contre le mobbing, pour les 600 employés de la ville.

Comment pourrait-on améliorer l’entrée des jeunes sur le marché du travail?

Il faut leur donner des modèles. Moi, par exemple, à 60 ans, j’ai changé ma manière de penser et j’ai plusieurs sources de revenus, aussi pour aider financièrement ma famille. Je suis enseignant, je livre des journaux et je fais des extras dans des restaurants. Il faut être polyvalent et aimer ce que l’on fait, s’épanouir. Quand ce n’est pas le cas, les gens se retrouvent en burn-out, en dépression. 

Vous prônez des temps de travail beaucoup plus réduits. À la fin du mois, il faut bien payer ses factures. Comment faire?

On peut faire en sorte d’avoir moins de factures, moins d’envies. On n'est pas obligé d'avoir la voiture dernier cri ou la même villa que son voisin. On peut aussi mettre un peu de douceur dans sa vie et prendre le temps. Je suis parti deux mois en Italie l'été passé. J’ai aussi fait beaucoup de belles rencontres, des musiciens notamment, au Brésil ou aux États-Unis quand j’étais plus jeune. C’est précieux.

Arrêter de travailler pendant deux mois, c'est du luxe et ce n'est pas possible quand on est conseiller d'État! Comment feriez-vous si vous êtes élu?

Si je suis conseiller d'État ou membre du Grand Conseil, je prendrai ma fonction au sérieux, tout comme je le fais déjà en tant que conseiller général. Je suis l’un des plus assidus aux séances !

RadioFr. - Isabelle Taylor
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