A Château-d’Oex, sans gaz, pas de décollage!
Cette semaine, des dizaines de tonnes de gaz sont utilisées pour faire voler la soixantaine de ballons du festival.
Des dizaines de montgolfières colorent le ciel du Pays-d’Enhaut cette semaine à l’occasion du Festival international de ballons. À leur bord, un pilote, des membres d’équipage, des proches, des touristes, mais surtout des bouteilles de gaz. Car sans gaz, pas de décollage, ni de manifestation.
Mardi matin, plusieurs équipages sont arrivés très tôt sur la place de décollage de Château d'Oex. Une véritable fourmilière s’est rapidement créée autour des remorques. Les passionnés sortent la nacelle, les brûleurs, l’enveloppe et les bouteilles de gaz. Parmi eux, Nicolas Tièche. Ce matin-là, l’aérostier fribourgeois prépare un vol particulier, celui du club philatélique du Pays-d’Enhaut.
"On va voler entre trois heures et trois heures et demie, donc on embarque environ 100 kilos de gaz. On n’utilisera de loin pas tout, car on garde toujours une bonne marge", explique-t-il.
Gérer pour éviter la panne sèche
La panne sèche est-elle néanmoins possible? "Beaucoup de personnes nous posent la question. C’est un peu comme en voiture: au bout d’un moment, on apprend à gérer sa consommation. Il m’est déjà arrivé de me poser avec très peu de réserves, mais jamais de tomber en panne sèche en plein ciel", sourit Nicolas Tièche. Même dans ce cas extrême, le pilote se veut rassurant: le ballon descendrait progressivement.
La consommation de gaz dépend aussi fortement des conditions météorologiques. "Pour le ballon, plus il fait froid, mieux c’est. L’air est plus stable et plus facile à gérer. Donc, plus il fait froid, moins on consomme, ou dit autrement, plus il fait froid, plus on peut charger le ballon. En hiver, on peut prendre un passager de plus et en été, un de moins", illustre l’un des deux recordmen du monde de distance à bord d’un ballon à gaz.
Une citerne de 35'000 litres
Au total, durant toute la semaine du Festival international de ballons, ce sont des dizaines de milliers de kilos de gaz qui sont consommés. Les équipages s’approvisionnent notamment chez Raphaël Morier, responsable du gaz de la manifestation depuis 18 ans.
Ma citerne s’est presque complètement vidée et tout le monde arrivait en même temps.
Sa citerne de 35'000 litres se trouve à proximité de Château-d’Œx et les règles de sécurité y sont strictes. "Les cigarettes et les téléphones portables sont interdits. En fournissant le gaz, on doit aussi garder un œil sur les gens, parce que certains sont un peu tête en l’air. On fait aussi un peu la police", rigole ce natif de la région.
En général, tout se déroule sans incident, à l’exception d’une année où le précieux propane a commencé à manquer. "Le camion n’a pas pu venir tout de suite, il a dû effectuer un dépannage d’urgence ailleurs. Ma citerne s’est presque complètement vidée et tout le monde arrivait en même temps. J’étais vraiment sous pression", se souvient Raphaël Morier.
Des solutions un peu plus écologiques
Face aux quantités de gaz consommées, la question de l’impact environnemental se pose. Certains aérostiers tentent d’ailleurs de trouver des solutions, à l’image des Fribourgeois Nicolas Tièche et Laurent Sciboz avec leur projet Blue Challenge.
"La première piste, c’est d’isoler les enveloppes. Nous avons un ballon à double enveloppe qui réduit drastiquement la consommation de gaz", détaille Nicolas Tièche. "L’autre idée, c’est de travailler avec du biogaz. Et ça tombe bien, car il existe de nombreuses centrales de biogaz dans le canton."
Le Festival International de Ballons se poursuit jusqu’à dimanche.






