Canicule: l'arrêt du chantier Rolex relance le débat
Le plus grand chantier du canton va stopper ses travaux ce vendredi dès 13h pour protéger les travailleurs. Une décision saluée par UNIA, qui réclame les mêmes règles pour tous les chantiers fribourgeois.

Alors que le canton de Fribourg ne dispose toujours d'aucune règle imposant l'arrêt des chantiers en cas de canicule, le futur site Rolex de Bulle a pris les devants. Vendredi, les travaux s'arrêtent à 13 heures pour protéger les ouvriers des fortes chaleurs. Une décision prise jeudi par le maître d'ouvrage, Mexem SA, rapporte La Liberté.
La société s'est appuyé sur les recommandations de l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT) genevois. Depuis plusieurs jours déjà, le chantier avait renforcé ses mesures de protection: pauses obligatoires, distribution d'eau, brumisateurs, locaux climatisés ou encore possibilité de commencer le travail dès 6 heures. Mais cela n'a finalement pas suffi.
"Les ouvriers cuisent sur les dalles"
Pour UNIA, cette décision était attendue. "C'est la mesure la plus responsable. Après plusieurs jours de canicule, continuer à travailler dans ces conditions n'était plus raisonnable", estime François Clément, secrétaire régional du syndicat UNIA.
Le problème ne vient pas seulement des températures affichées par les thermomètres. "Les ouvriers portent des chaussures de sécurité, un casque, des vêtements longs. Ils travaillent sur du béton qui renvoie énormément la chaleur. Les températures ressenties sont bien supérieures à celles annoncées."
Le chantier Rolex, immense et très exposé, rend encore la situation plus difficile. Selon La Liberté, plusieurs ouvriers avaient d'ailleurs alerté le syndicat ces derniers jours.
"Rolex montre que c'est possible"
Pour autant, UNIA ne veut pas que cette décision reste un cas isolé.
"Rolex montre que c'est possible. Maintenant, il faut que toutes les entreprises puissent appliquer les mêmes règles."
Le syndicat demande que les chantiers s'arrêtent systématiquement à 13 heures dès le troisième jour consécutif où le mercure dépasse les 31 degrés. Selon François Clément, cette proposition avait déjà été discutée avec la Fédération fribourgeoise des entrepreneurs, sans succès. "Le corps accumule la chaleur. Après trois jours, le risque augmente fortement. On ne peut pas faire comme si de rien n'était."
Fribourg toujours sans cadre légal
Contrairement à Genève, qui a interdit les travaux extérieurs dès 13 heures, ou au canton de Vaud, qui prévoit un fonds d'indemnisation en cas de canicule, le canton de Fribourg ne dispose toujours d'aucune base légale spécifique.
Pour UNIA, l'arrêt du chantier Rolex doit désormais servir d'exemple. "Les épisodes de canicule vont devenir plus fréquents. Il faudra adapter notre manière de travailler. Ce n'est plus une exception, c'est une réalité."


