Fribourg en retard pour protéger les ouvriers de la canicule
Le canton de Fribourg ne possède aucune loi pour prendre des dispositions en cas de canicule. Il accuse un retard conséquent sur ses voisins.

Alors que le mercure dépasse les 30 degrés depuis le début de la semaine en Suisse romande, les ouvriers vivent un enfer sur les chantiers. Genève a décidé d'agir jeudi en interdisant le travail en extérieur dès 13h, et ce jusqu'à dimanche au minimum. Le canton de Vaud, lui, prévoit un fonds d'indemnisation en cas de canicule.
Et Fribourg dans tout ça? L'État est loin de pouvoir prendre de telles dispositions. Il ne possède pas de loi pour protéger les travailleurs en cas de canicule. Pire, il n'y a aucune discussion en cours entre les députés du Grand Conseil. En 2024, il avait refusé un projet de loi et, depuis, plus rien.
Ce retard est incompréhensible, d'après la députée socialiste Kirthana Wickramasingam. "Il y a une non-prise de conscience de la majorité politique au sein du Conseil d'État, ce d'autant plus qu'on connaît ce problème depuis longtemps et que les épisodes caniculaires vont se multiplier à l'avenir."
Adapter les horaires
Elle a donc décidé de prendre les choses en main en déposant un postulat. Elle demande un dispositif de suivi et d'accompagnement pour les personnes vulnérables, de définir un seuil de température dans les locaux au-dessus duquel il faut prendre des mesures, et de suspendre temporairement certaines activités professionnelles. "Avec les températures qu'on connaît aujourd'hui, la santé des ouvriers est clairement mise en danger", estime la socialiste.
Un avis que ne partage pas le député PLR Benoît Glasson. Celui qui est également patron d'une entreprise de charpente pense qu'il n'y a pas besoin de légiférer, car la canicule ne dure que quelques jours par année. "Si on ne travaille plus quand il fait 30°C, alors on ne travaille plus quand il fait -10°C et quand il pleut, ce qui va finir par poser problème."
Benoît Glasson préférerait assouplir les horaires de travail sur les chantiers. "Personnellement, j'apprécie commencer très tôt le matin et finir en milieu d'après-midi pour travailler aux bonnes heures de la journée."
Le Conseil d'État doit maintenant prendre position sur le postulat. Si nécessaire, il reviendra avec des propositions devant les députés d'ici plusieurs mois.


