Plusieurs physios fribourgeois signent une pétition
Les physiothérapeutes se battent pour améliorer leurs conditions de travail. Face à l'augmentation des charges, une pétition vient d'être lancée dans le canton pour une meilleure rémunération de la profession.
Ivone Sobral est physiothérapeute depuis 18 ans et depuis 10 ans, elle a son propre cabinet à Bulle. Pendant tout ce temps, sa rémunération n'a presque jamais augmenté. Mais les charges liées à la profession ne font que s'amplifier. La dernière augmentation de la rémunération des physios date de 2016 "et n’accompagne pas l’augmentation du coût de la vie, de l’inflation. Donc on se retrouve avec des charges en hausse et, par conséquent, des difficultés financières" explique la physiothérapeute gruérienne.
Concrètement, il y a un loyer et des formations continues obligatoires à payer, un équipement à plusieurs milliers de francs ou encore de l'administration non payée, à faire en dehors des heures de travail au cabinet. Et tout ça avec une rémunération de 68 francs de l'heure, pour des physiothérapeutes titulaires d'un bachelor, voire d'un master.
Il y a plusieurs risques liés à cette faible rémunération, comme des cabinets qui risquent de fermer ou une diminution de l’attractivité du métier, mais le plus gros danger, selon Ivone Sobral c’est vis-à-vis des patients. "L’accès aux soins pour les patients est mis en péril. À moyen/long terme, on pourrait se retrouver avec une pénurie de physios et ça pourrait avoir de grosses conséquences sur le système de santé publique", précise-t-elle.
Tous les cantons se mobilisent
Pour éviter ces problèmes qui touchent tous les physios en Suisse, des pétitions ont été lancées dans tous les cantons. "On est arrivé à un point de rupture. Ça fait plus de deux ans et demi que les négociations ont été lancées avec les assurances, au niveau fédéral, mais sans résultat", explique Marie-Pierre Bognuda, présidente de Physiofribourg. Avec cette pétition, il a donc été décidé de chercher une solution au niveau cantonal plutôt que fédéral.
La pétition est ouverte jusqu'à la fin septembre. Elle sera ensuite transmise au Conseil d'État, qui décidera d'augmenter ou non la rémunération des physiothérapeutes.


