Un engin pour base lunaire partiellement fribourgeois

La société Venturi Space a présenté début novembre, à Paris, sa nouvelle astromobile dans le cadre du Sommet international sur l'espace.

Sur l'image, plusieurs Alta Luna ont été associés pour porter une lourde charge, sous la conduite d'un astronaute. © Venturi Space

Baptisé Alta Luna, le nouveau véhicule d'exploitation lunaire de Venturi Space a fait sensation les 9 et 10 septembre à Paris. Présenté à l'occasion du Sommet international sur l'espace, cet engin conçu pour assister les astronautes, lors des missions de manutention et de transport de charges, "a suscité beaucoup d’intérêt, à la fois de la part des acteurs du secteur spatial et des médias. Même Emmanuel Macron a pu découvrir le véhicule", se réjouit le porte-parole de la société, partiellement basée dans le canton de Fribourg.

Concrètement, il s'agit d'une astromobile individuelle de mobilité lunaire, pensée comme un véhicule utilitaire de proximité, "capable d'opérer au plus près des habitats". Pouvant être piloté par un humain ou de manière autonome, l'Alta Luna est censé pouvoir effectuer des opérations d'excavation, de nivellement de terrains ou encore préparer des pistes et des infrastructures lunaires. "Chaque véhicule pourra agir seul ou en coordination avec d’autres Alta Luna", précise la société.

Des chenilles à la place des roues

Par le passé, Venturi Space, dont le volet européen est réparti entre la Suisse, la France et Monaco, s'était distingué par la création de roues de rovers "hyper déformables qui imitent le pneumatique, sans être pneumatique", résistant à des températures situées entre –240 °C et +130 °C. Cette fois, en revanche, la société mise, pour la première fois, sur des chenilles. "Ce choix répond à un objectif précis: permettre au véhicule de gravir des pentes plus importantes qu’avec une architecture à roues", précise-t-elle.

Les bases lunaires étant encore, pour l'heure, de la musique d'avenir, Space Venturi reconnaît que son concept se base sur une éventuelle demande. "Aucune mission ni date de lancement n’est programmée, et nous n’avons pas annoncé de contrat spécifique concernant ce véhicule avec une agence spatiale. Comme nous l’avons fait avec le rover européen Mona Luna, nous proposons une solution en avance de phase, sans attendre qu’un besoin soit émis", concède le porte-parole.

RadioFr. - Karin Baumgartner / Xavier Fernandez
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