Rescapé du Constellation, ce Fribourgeois se reconstruit
Noa Bersier soigne ses blessures et reprend peu à peu une vie normale, grâce à ses proches et sa passion pour le sport. Il témoigne.
L'ambiance est paisible ce jeudi matin. On entend juste quelques canards dans le petit étang, derrière le pont. Les rayons du soleil commencent à réchauffer l'atmosphère, la rosée est encore présente sur le banc en bois. Nous rencontrons Noa Bersier au jardin japonais à Estavayer-le-Lac, à quelques pas de son domicile.
Ce paysage familier, le lac, ses berges de roseaux et cette tranquillité lui ont manqué, depuis le 1er janvier. "Aujourd'hui, je vais bien. Je suis rentré à la maison. J'ai revu ma famille, mes amis, ma région, mon canton. Chaque jour, je progresse. Reprendre mes petites habitudes et une vie normale fait mon bonheur", explique avec sérénité le jeune Broyard.
Noa Bersier fait partie des 116 personnes blessées le soir du Nouvel-An au bar Le Constellation, à Crans-Montana. Nous l'avions contacté quelques jours après le drame, alors qu'il était hospitalisé à Sion, pour des brûlures à la tête, aux mains, au dos et à une jambe. Il a depuis subi une greffe de peau au poignet et au dos.
Le Fribourgeois doit encore aller une fois par mois à l'hôpital pour faire contrôler ses brûlures aux mains, mais il peut soigner ses blessures et poursuivre son traitement à domicile. "Je dois encore faire beaucoup de soins et de réadaptation. Je suis déjà suivi par un ergothérapeute et prochainement par un psychologue", raconte Noa. Un pansement sur son oreille droite et des gants qui recouvrent ses mains attestent des plaies, visibles, qu'il lui reste à cicatriser. "Mon oreille a été très touchée, mais elle guérit bien. Matin et soir, je mets de la crème, c'est devenu une routine", dit-il en souriant.
Une grosse remise en question...
Dans sa tête, le Broyard de 20 ans a fait le vide sur cette nuit en enfer: "J'ai des images très nettes des événements, mais ça reste aussi comme un rêve auquel je n'ai plus envie de penser. Je me dis qu'il faut avancer".
Et pour progresser, Noa Bersier peut compter sur le soutien de ses proches et de ses collègues, mais aussi d'une communauté très soudée de blessés de Crans-Montana: "On se donne régulièrement des nouvelles. On a déjà prévu de se retrouver pour un souper, dans quelques temps, mais pas à Nouvel-An..."
Malgré cette solidarité, le Fribourgeois est conscient que sa reconstruction doit passer par un cheminement solitaire. "Depuis le mois de janvier, je me suis beaucoup remis en question, je vivais à un rythme effréné, je travaillais beaucoup, buvais 9 cafés par jour et dormais peu... Aujourd'hui, j'ai ralenti, soulagé mon corps et je ressens un calme bénéfique. Il faut prendre soin de soi et profiter de tous les moments avec ses proches que la vie nous offre", raconte-t-il avec une grande maturité.
...et des plaisirs simples retrouvés
Un discours sérieux et des préoccupations qu'un jeune de 20 ans ne devrait pas encore avoir... mais heureusement Noa Bersier a aussi retrouvé des joies de son âge, comme le sport: "J'ai déjà recommencé le squash, le fitness, la course à pied et bientôt je vais essayer le padel... J'ai envie de tout faire!"
Quand à son travail de coordinateur marketing pour Fribourg-Gottéron, Noa Bersier espère pouvoir le reprendre dès la semaine prochaine. Mais il sera déjà à la patinoire à Langnau ce jeudi soir pour encourager les Dragons. Une preuve très encourageante de sa guérison: "En janvier, j'ai dit à mon médecin que mon but était d'être sur pied pour assister au dernier match de la saison régulière à la BCF Arena le samedi 7 mars. Mon état s'est amélioré plus vite que ce que je pensais et je suis trop heureux de pouvoir aller au match de Gottéron ce soir déjà... Et en plus, on est en playoffs, j'ai hâte de recommencer à travailler et de vivre ce moment", conclut Noa Bersier avec un grand sourire.


