Soutien scolaire spécialisé: trouver le juste milieu

Audrey Python est maman d'un enfant TDAH. Ses notes sont suffisantes mais il rencontre de grosses difficultés. Sa mère demande plus d'aide

Le nombre de demandes de MAR est en hausse dans l'école obligatoire fribourgeoise © Keystone

"Quand un enfant a de gros troubles de l'apprentissage, ça va se voir et on mettra en place tout le package ! Mais quand il est suffisamment intelligent pour ne pas être en échec scolaire, on n'a pas vraiment de possibilité ! " Audrey Python est maman d'un petit garçon de 8 ans, TDAH et TOP, autrement dit présentant un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité et un trouble oppositionnel avec provocation. 

Scolarisé dans le canton de Fribourg, son comportement est problématique notamment en classe. "Ce n'est pas un souci d'éducation, comme je l'entends encore souvent, regrette sa mère, mais lié à ses troubles".

Hausse des demandes de mesures renforcées 

L'enfant bénéficie déjà d'une MAO, une mesure d'aide ordinaire . il s'agit d'un appui d'une heure par semaine dispensée par un.e enseignant.e spécialisé.e. Insuffisant selon Audrey Python qui a déposé une demande de MAR, une mesure d'aide renforcée de pédagogie spécialisée. La MAR peut-être intégrative, le soutien se fait en classe ordinaire mais plusieurs heures par semaine ou dispensée en institution spécialisée dans des classes à effectifs réduits.

Actuellement 5% de la population scolaire obligatoire fribourgeoise bénéficie d'une telle mesure, précise Stéphane Noël, chef du SESAM, le Service de l'enseignement spécialisé et des mesures d'aide. Plus de 460 nouvelles demandes sont en cours d'évaluation (387 pour des élèves francophones, 75 pour des germanophones) et les chiffres sont en hausse depuis quelques années. Stéphane Noël affirme toutefois que les besoins sont actuellement couverts grâce aux moyens supplémentaires mis à disposition par le canton. 

Tout n'est pas blanc ou noir dans l'analyse des dossiers. Il y a une part de subjectivité

Concernant les demandes en suspens, déposées au 31 janvier comme le prévoit la procédure, elles recevront une réponse d'ici au 15 mai, le temps que la cellule d'évaluation du SESAM donne son préavis positif ou négatif puis que l'inspecteur spécialisé rende sa décision. Décision contre laquelle un recours est toujours possible, précise Stéphane Noël. 

"Tout n'est pas noir ou blanc dans l'analyse des dossiers, tempère souligne le chef de service. Alors oui, il y a des impératifs pour obtenir une MAR. Il faut notamment qu'un diagnostic médical soit posé. Mais il y a aussi une part de subjectivité. On étudie la situation de l'enfant dans sa globalité, les ressources dont il dispose, les thérapeutes sur lesquels il s'appuie.

Une solution médiane 

Reste que si on peut éviter d'en arriver là, c'est quand même préférable estime Stéphane Noël. Octroyer une MAR, c'est le risque de poser une étiquette sur l'élève. Il sort du schéma classique avec bulletin de notes et évaluations ordinaires. "Ce n'est pas anodin !"

Audrey Python espère toutefois que la réponse sera favorable et que son fils bénéficiera d'une MAR, même s'il n'est pas en échec scolaire. Elle a échangé avec d'autres parents dont les enfants sont dans le même cas. Elle aimerait les réunir avec aussi les enseignants, les thérapeutes et des représentants du SESAM pour discuter ensemble et trouver une solution médiane entre mesure ordinaire insuffisante et mesure renforcée pas vraiment adaptée à des élèves capables de suivre le programme

RadioFr. - Sarah Camporini
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