Initiative "soins infirmiers forts": où en est le canton?
Fribourg concrétise l'initiative fédérale pour des soins infirmiers forts. Le canton introduit notamment une compensation de 25% pour les remplacements de dernière minute et étend sa permanence infirmière mobile.

Vendredi matin, 8 heures, l'Etat de Fribourg convoquait les médias pour faire le point sur la mise en œuvre et la concrétisation de l'initiative fédérale pour des soins infirmiers forts, acceptée par le peuple et les cantons en novembre 2021.
Ce premier point de situation se veut résolument positif pour les représentants du domaine des soins (HFR, Réseau fribourgeois de santé mentale, Alliance Care, Service de l'action sociale) présents à cette conférence de presse, aux côtés de la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS). S'ils saluent les mesures mises en place, ils soulignent également que le chemin vers ces "soins infirmiers forts" reste encore long.
PIM, la bonne idée
Première mesure positive, mise en place il y a une année environ, suite à l'acceptation de l'initiative: la création d'une Permanence infirmière mobile (PIM). D'après les professionnels de santé présents, elle facilite grandement le travail des différents soignants. Une équipe formée, avec des contrats en CDI, qui est déployée là où les besoin se font sentir. Des réunions permettent d'identifier les secteurs qui nécessitent du renfort.
(Les PIM) sont vraiment une plus-value pour les équipes.
"Quand ce sont des intérimaires - des gens qui ne connaissent pas le système - il y a une pression supplémentaire, explique Aurélie Clément, directrice adjointe du département des soins au Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM). Il faut les introduire, qu'ils aient une formation. Là, ce sont des gens qui connaissent l'institution, qui sont connus des collègues, qui augmentent la cohérence aussi dans l'accompagnement des patients. C'est vraiment une plus-value pour les équipes."
"Il faut bien commencer par un début", aurait pu dire Guy Parmelin, car la situation n'est pas encore totalement stable. "Il y a encore des unités qui fonctionnent parfois en mode dégradé. On est vraiment en attente d'un renforcement de la PIM et d'une pérennisation", termine Aurélie Clément.
+25% pour le non planifié
Autre mesure phare: toute intervention non planifiée transmise moins de sept jours à l'avance, est désormais (et depuis le 1er juillet) compensée à hauteur de 25%. Une avancée concrète du droit du travail pour Emilie Risse, représentante Alliance Care Fribourg: "Avant, on n'avait rien du tout, juste un merci. Et puis là, maintenant, on a une vraie reconnaissance de cette implication pour les remplacements."
Cette nouvelle norme concerne quelques 1250 postes EPT, pour 1,2 million de francs chaque année.
Depuis le début du mois de juillet, la Direction de la santé et des affaires sociales finance également une ligne téléphonique mise en place par les Alumni de la Haute école de santé Fribourg, destinée à guider les infirmiers débutants par des conseils confidentiels et neutres. La classe salariale 12 est désormais accessible aux assistants en soins et santé communautaire (ASSC): la seule mesure notable, pour le Syndicat des service publics qui a réagi dans l'après-midi.
La migration au chevet des soins
Lancé à l'été 2025, le projet "Intégration et soins" forme des personnes issues de l'immigration - personnes de l'asile et réfugiés - au métier d'auxiliaire de santé. Il s'articule en trois temps: français intensif, formation auxiliaire de santé, stage en EMS.
"Aujourd'hui, sur les 15 participants qui ont commencé, 13 ont réussi leur examen du premier coup", se réjouit Raphaël Terradillos, référent intégration, au Service de l'action sociale. Six mois plus tard, huit d'entre eux sont en emploi dans des EMS du canton de Fribourg.
"Ce sont des personnes qui aujourd'hui ont un emploi. Elles ont une possibilité de s'intégrer complètement dans le canton de Fribourg. C'est effectivement une situation win-win... Pour le canton aussi. Parce que notre objectif, en lançant des projets du genre, c'est que ces personnes puissent sortir de l'aide sociale. Qu'elles puissent devenir indépendantes financièrement."
Cette année, une action similaire doit être lancée, avec des participants qui apprennent l'allemand. Raphaël Terradillos espère pouvoir relancer le projet en français l'année prochaine.


