Sept organisations de gauche rejettent la hausse de la TVA
Le comité unitaire, qui rassemble des groupes de la gauche fribourgeoise, conteste le financement de la 13e rente AVS par une hausse de la TVA.

La hausse de la TVA ne passe pas auprès du syndicat des services publics (SSP Fribourg) et de plusieurs groupes de la gauche fribourgeoise. Réunies jeudi matin à Fribourg, sept organisations ont annoncé leur opposition au projet fédéral visant à financer une partie de la 13e rente AVS par une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Elles appellent la population à rejeter dans les urnes cette mesure, qui prévoit une hausse de 0,4 point de pourcentage, le 29 novembre prochain.
Le comité unitaire rassemble le Syndicat des services publics (SSP), DAS-WAS, la Grève féministe, Colvert du Peuple, le POP, le Collectif anticapitaliste Fribourg (CAF) et les Jeunesses socialistes fribourgeoises (JSF). Pour ces organisations, la TVA fait peser une charge proportionnellement plus importante sur les ménages modestes. Elles estiment que cette augmentation réduirait encore leur pouvoir d’achat, alors que le coût de la vie augmente.
Des réserves de l'AVS jugées suffisantes
"La TVA est un impôt profondément antisocial", dénonce Gaétan Zurkinden, secrétaire régional du SSP. Selon lui, cette taxe frappe les consommateurs indépendamment de leurs revenus. Une hausse toucherait donc également les personnes qui disposent de moyens limités. Il s’inquiète aussi de la pression supplémentaire sur les salaires et le pouvoir d’achat des travailleurs. Pour le syndicaliste, les réserves actuelles de l’AVS ne justifient pas une augmentation immédiate des recettes.
De son côté, Christian Luisier, président du SSP région Fribourg, avance un autre argument pour contester le calendrier de la réforme. Il rappelle que l’assurance dispose de plus de 60 milliards de francs de réserves. Il affirme également qu’elle a réalisé 13 milliards de bénéfices au cours des trois dernières années. "Ce n’est pas du tout urgent d’augmenter les cotisations." Si de nouvelles recettes devenaient nécessaires, il privilégierait d’autres pistes, comme une hausse des cotisations salariales, un impôt sur les successions ou une taxe sur les transactions financières.
Le NON en tête
Cette opposition rejoint celle de l’UDC et du PLR au niveau fédéral. Les deux partis contestent le financement par la TVA et défendent d’autres solutions, notamment des réformes structurelles. À l’inverse, le PS, les Vert·e·s et Le Centre soutiennent le relèvement prévu. Le Conseil fédéral estime que cette recette supplémentaire est nécessaire pour financer durablement les rentes.
Un sondage publié le 21 octobre par l’institut YouGov donne 51% d’avis défavorables à la hausse de la TVA, contre 39% de favorables. Sa marge d’erreur est de ± 1,8 point de pourcentage. La population suisse se prononcera le dimanche 29 novembre. Comme il s’agit d’une modification constitutionnelle, son adoption nécessitera la double majorité du peuple et des cantons.


