Armes, impôts, feux d'artifice: qui vote quoi le 29 novembre

Quatre objets seront soumis au vote le 29 novembre. Un premier sondage SSR montre des résultats contrastés: large soutien pour l'interdiction des feux d'artifice, mais des batailles serrées ailleurs.

L’initiative visant l’interdiction des feux d’artifice recueille à cet instant 69% d’avis favorables. © KEYSTONE

Selon un sondage SSR, l’initiative sur les feux d’artifice serait largement acceptée le 29 novembre. L’équité fiscale pour les couples mariés a aussi une avance. Le financement additionnel de l’AVS et la loi sur le matériel de guerre restent plus disputés.

L’initiative visant l’interdiction des feux d’artifice recueille 69% d’avis favorables, révèle la première enquête de gfs.bern, sur mandat de la SSR, publiée vendredi. Quelque 55% des sondés se disent “absolument pour” et 14% “plutôt pour”, contre 29% d’avis défavorables.

Les sympathisants de tous les partis accepteraient le texte. L’approbation est la plus forte chez les Vert-e-s (91%), suivis du PS (83%) et du PVL (80%). Même s’il est moins marqué, le “oui” prédomine également chez les sympathisants du Centre (67%), du PLR (59%) et de l’UDC (53%). Les femmes soutiennent nettement plus le projet que les hommes.

Les arguments concernant la sécurité, la pollution de l’environnement et le stress des animaux sont largement soutenus. Dans le camp du “non”, l’argument économique est le plus retenu.

Financement de la 13e rente disputé

A l’inverse, partisans et opposants au financement de la 13e rente AVS par un relèvement de la TVA sont au coude à coude. Selon gfs.bern, 49% des sondés diraient “résolument” ou plutôt “non”, tandis qu’ils seraient 46% à se prononcer pour. “Si l’on tient compte de l’erreur d’échantillonnage, ces chiffres correspondent à une situation d’impasse”, note gfs.bern. La formation de l’opinion se trouve à un stade peu avancé.

Des différences intergénérationnelles importantes apparaissent. Si le refus prévaut clairement chez les 18-39 ans (56% de non), les avis sont plus équilibrés chez les 40-64 ans, alors que les plus de 65 ans diraient oui à 55%. Les hommes refusent à 52% le projet, tandis que chez les femmes, les taux de “oui” et de “non” sont tous deux à 47%.

Des majorités favorables au “oui” existent chez les sympathisants du PS (60%), des Vert-e-s (58%), du Centre (58%) et du PVL (56%), alors que ceux du PLR (54%) et surtout de l’UDC (68%) refusent clairement le projet.

L'argument le plus convaincant des opposants est celui qui exige de combler les lacunes de financement de l’AVS grâce à des réformes structurelles plutôt que par une taxe. Parmi les arguments favorables à la réforme, celui qui considère la hausse de la TVA comme une solution juste car toutes les générations participent au financement de la 13e rente est celui qui fait le plus mouche.

Matériel de guerre: une opposition gauche-droite

Les jeux sont également ouverts concernant la loi sur le matériel de guerre. Avec 49% d’approbation, le “oui” fait la course en tête, sans atteindre la majorité absolue. A l’inverse, 41% voteraient “plutôt” ou “certainement” contre un assouplissement des règles d’exportation. Les 10% restants sont encore indécis.

Une classique opposition gauche/droite se dessine. Le soutien le plus élevé revient aux partisans du PLR (73%), contre 65% pour le Centre, 60% pour le PVL et 57% pour l’UDC. A l’inverse, ceux des Vert-e-s et du PS rejettent la révision, à hauteur respectivement de 63% et 62%.

Les différences sont particulièrement marquées selon l’âge. Alors que les 18-39 ans rejettent majoritairement le projet, le soutien atteint 51 % chez les 40-64 ans et 60 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Les hommes se disent en faveur de la révision, alors que les femmes la rejettent. Le soutien au projet est majoritaire en Suisse alémanique, tandis que l’objet est rejeté en Suisse romande.

L’argument selon lequel une neutralité suppose une industrie de l’armement nationale est celui qui convainc le plus. Dans l’autre camp, la crainte que les armes suisses puissent parvenir plus facilement à des pays en guerre ou violant les droits humains prédomine.

Courte avance pour l’équité fiscale

Avec 55% de soutien, l’initiative exigeant des impôts équitables pour les couples mariés est certes bien partie. Mais la part d’indécis reste élevée (11%), ce qui témoigne d’une avance fragile. Le camp du “non” recueille pour l’heure 34% des avis exprimés.

L’initiative ayant été lancée par Le Centre, le soutien est naturellement le plus fort chez les sympathisants de ce parti (71%), suivis de ceux de l’UDC (64%) et du PLR (52%). A gauche, ils ne sont que 40% à soutenir le texte.

Les personnes mariées ou vivant en partenariat enregistré voteraient "oui" à l’initiative à hauteur de 65%, soit nettement plus que les personnes célibataires (41%), non mariées vivant en couple (41%) ou celles ayant une autre forme de relation (45%). L’approbation est nettement plus forte à la campagne qu’en ville.

Les arguments les plus convaincants sont ceux selon lesquels l’Etat ne doit pas favoriser fiscalement un mode de vie particulier et que les couples mariés ne doivent pas être désavantagés par rapport aux couples non mariés. Du côté des opposants, la crainte que l’initiative n’entraîne des systèmes fiscaux contradictoires entre la Confédération et les cantons est l’argument recueillant le plus de soutien.

Le sondage de gfs.bern a été mené entre le 5 et le 18 octobre, auprès de 14’874 personnes. La marge d’erreur est de +/- 2,8 points de pourcentage.

ATS
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