Renforcement de l'éducation civique: l'Exécutif dit non

En réponse à une motion, le gouvernement fribourgeois estime que l’éducation civique est déjà suffisamment présente à l’école.

Le Conseil d’État estime par ailleurs qu’une modification de la loi scolaire ne serait pas le bon levier. © Keystone

Dans sa réponse communiquée mercredi, le Conseil d'Etat fribourgeois propose de rejeter une motion qui demande de renforcer l’éducation civique au cycle d’orientation. Dans son rapport, le Gouvernement admet l’importance de sensibiliser les jeunes à la démocratie, mais estime que les objectifs visés sont déjà largement couverts par le système actuel. Il recommande donc au Grand Conseil de rejeter la motion.

Déposée le 31 mars au Grand conseil fribourgeois par Laurent Baeriswyl (Le Centre), Alizée Rey (PS) et 20 cosignataires de gauche comme de droite, le texte demande notamment un cours hebdomadaire d’éducation civique de la 9H à la 11H. Débats, jeux de rôle, visites d’institutions : les motionnaires veulent "renforcer une approche pratique de la citoyenneté, notamment pour favoriser la participation politique des jeunes."

Le gouvernement estime que dans le Plan d’études romand, la citoyenneté est déjà enseignée de manière progressive, avec des notions comme la démocratie, les institutions, les droits et devoirs, les élections ou les votations. En 11H, elle fait déjà l’objet d’une leçon hebdomadaire. 

Une journée jugée redondante

La motion propose également une journée cantonale du débat et de l’engagement. Là encore, le Conseil d’État estime que le canton dispose déjà d’un dispositif conséquent : Conseil des jeunes, projets scolaires, visites du Grand Conseil ou encore les différentes actions menées autour de la Journée internationale de la démocratie.

Le Bureau de promotion des enfants et des jeunes coordonne ces initiatives dans le cadre de la stratégie « Je participe ! ». Trois nouvelles unités pédagogiques consacrées à la participation et à l’engagement sont notamment proposées aux classes de 11H dès septembre 2026. Pour le gouvernement, créer une nouvelle journée cantonale serait donc redondant et entraînerait des coûts supplémentaires. Tout en soutenant l’objectif de la motion, le Conseil d’État considère qu’il est déjà atteint et recommande son rejet.

Frapp - Thibaut Clémence
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