Des bodycams sur les policiers? Le Canton dit "oui"
Répondant à une motion, les autorités cantonales estiment souhaitable que les policiers fribourgeois portent des caméras corporelles.

Ce mercredi, le Canton se positionne officiellement en faveur des bodycams sur les policiers. Répondant à une motion émanant des députés Catherine Esseiva (PVL) et Hubert Dafflon (C), il explique n'y voir que du positif. "Du point de vue du Conseil d’État, l’un des principaux intérêts des caméras individuelles réside dans leur potentiel en matière de sécurité", déclare le Canton.
Ce dernier souligne que les agents sont "régulièrement confrontés à des situations imprévisibles, parfois tendues ou conflictuelles, dans lesquelles leur intervention peut faire l’objet de contestations ultérieures. La possibilité d’enregistrer certaines séquences d’une intervention peut contribuer à objectiver le déroulement des faits et, dans certaines circonstances, à prévenir ou à désamorcer des comportements agressifs."
Aussi pour le bien des citoyens
Les autorités estiment également que les bodycams peuvent favoriser la sécurité des citoyens, ainsi que la transparence. Mais elles rappellent que ces dispositifs ne doivent pas être considérés comme des instruments destinés à surveiller systématiquement l’activité des agents. "Cette transparence doit être comprise dans les deux sens. Les enregistrements peuvent protéger les personnes faisant l’objet d’une intervention, mais également les agents de police lorsque leur comportement ou leurs décisions sont contestés", martèle le Canton.
Se pose toutefois la question de la sphère privée et du traitement des données personnelles. Pour y répondre, le Canton considère que l'utilisation des bodycams "doit impérativement reposer sur un cadre légal précis, devant notamment déterminer les circonstances dans lesquelles l’activation d’une caméra est admissible, les modalités d’utilisation des enregistrements, leur durée de conservation, les conditions d’accès aux images ainsi que leur transmission ou leur utilisation".
Policiers équipés d'ici au printemps 2030
Enfin, les autorités se déclarent favorables à une introduction progressive des ces caméras corporelles, à commencer par un projet pilote. "Les expériences acquises dans d’autres corps de police peuvent fournir des indications utiles, mais les conditions d’intervention de la Police cantonale fribourgeoise, son organisation et les besoins spécifiques de ses agents doivent également être pris en considération."
Si la motion est acceptée, le Conseil d'Etat propose d'intégrer cette thématique dans le cadre des travaux de révision de la loi sur la police cantonale, prévue pour 2028, avec une mise en œuvre, au plus tard, au printemps 2030. Le coût estimé pour l’acquisition de 126 bodycams serait de 220'000 francs auxquels s’ajouteraient annuellement 35'000 francs de frais de licences.


