Plan climat: Fribourg met déjà 31 millions sur la table
Le Conseil d'Etat adopte son 2e Plan climat cantonal pour 2027-2031, avec 23 mesures. Le Grand Conseil se prononcera sur un crédit d'engagement.

Le canton de Fribourg veut accélérer son action face au réchauffement climatique. Le Conseil d’Etat a présenté mercredi son deuxième Plan climat cantonal (PCC2), qui prendra le relais du premier dès l'an prochain.
Le plan compte 23 grandes mesures, déclinées en une centaine d’actions. Leur coût sur cinq ans est estimé à 38,85 millions de francs. Le gouvernement demande dans un premier temps un crédit de 31 millions au Grand Conseil, qui devrait se prononcer en octobre.
Le PCC2 répond à la loi cantonale sur le climat, entrée en vigueur en 2023. Il a été élaboré avec les services de l’Etat et des partenaires externes, puis soumis à consultation publique jusqu'à mi-juillet. Celle-ci a réuni 79 participants et suscité 1286 remarques ou questions.
16 tonnes de CO2 par habitant
Le dernier bilan carbone chiffre l’empreinte du canton à 5,5 millions de tonnes d’équivalent CO2, soit 16,1 tonnes par habitant. Les émissions directes proviennent surtout des transports (31%), de l’agriculture (30%), des bâtiments (22%) et de l’industrie (9%). Ces émissions directes ont reculé de 12,7% entre 2017 et 2023, de 1,95 à 1,7 million de tonnes.
L’objectif reste fixé par la loi: réduire les émissions de 50% d’ici 2030 par rapport à 1990 et atteindre le zéro net en 2050.
Le PCC2 veut notamment développer les transports publics et la mobilité douce, accélérer l’électromobilité et décarboner le transport de marchandises. Il prévoit aussi de favoriser les matériaux de construction à faible empreinte carbone, d’adapter l’agriculture aux sécheresses ou encore de mieux protéger les personnes vulnérables lors des canicules. Le canton privilégie les mesures incitatives pour accompagner entreprises, communes, agriculteurs et population.
Un bilan avant la dernière année
"Dans la consultation, certains nous ont dit que nous en faisions trop, d’autres pas assez", souligne Jean-François Steiert, conseiller d'Etat en charge de l'environnement. "On a donc cherché une voie médiane: un plan sur cinq ans, avec un financement déployé d’abord sur quatre ans, pour pouvoir faire un bilan et ensuite mettre plus ou moins de moyens en fonction des résultats."
A cela s’ajoutent 29,65 millions de grands investissements, qui feront l’objet de demandes séparées.


