Pas de terrains de football à 16,6 millions à Estavayer
71,8% des votants n'ont pas suivi leurs autorités sur la réalisation de nouvelles infrastructures sportives. Déception pour le monde du football.

Trois nouveaux terrains synthétiques, buvette, vestiaires, salle polyvalente... Estavayer n'y aura pas droit. Les citoyens de la commune ont refusé dimanche, à près de 72%, le crédit d'investissement de 16,62 millions de francs destiné à la réalisation du parc du Château-d'Eau. Sur 4'365 suffrages exprimés, quelque 3000 ont dit non. Le scrutin a mobilisé les votants à 55%.
Le projet, à vocation régionale, devait répondre aux besoins croissants des trois principaux clubs de football de la commune — le FC Estavayer-le-Lac, le FC Montbrelloz et le FC Petite-Glâne — qui comptent aujourd'hui 520 membres, dont 380 juniors. Des effectifs appelés à croître pour atteindre 625 membres d'ici 2030.
Pour la commune et le comité de soutien, les infrastructures actuelles, vétustes et souvent impraticables, ne répondent plus aux normes de l'Association suisse de football. Les opposants estimaient quant à eux que le projet était surdimensionné et que les coûts n'étaient pas maîtrisés.
"Pas de démesure"
Le camp du non voit dans ce résultat un signal qui dépasse largement la question du football. "La population a ressenti la nécessité d'exprimer un certain ras-le-bol par rapport aux dernières législatures, certaines décisions stratégiques qui ont été prises au niveau de l'aménagement du territoire ou de comment la commune grandit", estime Raphaël Decaunes.
"On devra trier"
Pour le monde du foot, la déception est immense. "On a une population qui individualise, qui pense principalement à son porte-monnaie et qui ne se rend pas compte que derrière les prestations, il y a un tas de bénévoles qui s'investissent", fait remarquer Sébastien Dufaux, président du FC Estavayer.
Sur la suite, il est catégorique: "Il n'y a aucune alternative réaliste et faisable sur la table." À terme, ce sont les jeunes qui risquent d'en faire les frais: "On arrivera à une situation où tous les enfants qui voudront faire du foot ne pourront pas. On devra trier."
Quelle suite pour la commune?
La commune s'engage à chercher une alternative mais prévient que l'exercice sera long et complexe. Les surfaces nécessaires ne peuvent être trouvées dans l'espace bâti existant et impliquent des changements de zone, soumis à l'approbation du Canton et de la Confédération. Les opposants proposent de leur côté d'étudier un projet de moindre ampleur.


