Estavayer: les terrains de foot de la discorde
À Estavayer, le projet de futurs terrains de foot divise. La population devra trancher le 26 avril.
Le 26 avril prochain, les habitants de la commune d'Estavayer sont appelés à se prononcer sur un crédit d'investissement de 16,62 millions de francs pour la réalisation d'un complexe sportif à l'entrée de la ville. Le projet du parc du "Château d'Eau" comprend trois terrains de football synthétiques, une buvette, des vestiaires, des locaux techniques ainsi qu'une salle communautaire, un parc et un biotope.
En octobre dernier, le Conseil général d'Estavayer avait approuvé le crédit par 46 voix contre 11 et une abstention. Des opposants avaient alors récolté 1'669 signatures, demandant un référendum. C'est donc la population qui aura le dernier mot le 26 avril prochain.
Pour vous faire votre propre avis sur la question, La Télé a rencontré un membre du comité référendaire et le président du FC Estavayer-le-Lac.
3 arguments du comité de soutien
Les infrastructures sont devenues inadaptées
Le FC Montbrelloz et le FC Petite-Glâne (Bussy) doivent souvent se contenter de terrains abîmés, difficilement exploitables durant l'hiver. Au FC Estavayer-le-Lac, le terrain principal ne répond plus aux normes de l'Association suisse de football. "Les distances de sécurité entre les lignes de touche et les barrières ne sont pas respectées. Nous sommes à 1 mètre 20 au lieu des 3 mètres obligatoires", explique Sébastien Duffaux, le président du club. À noter que les terrains naturels de Montbrelloz et Bussy seront maintenus.
Les footballeurs sont à l'étroit sur le site de la Thiolleyres
"On a des magiciens au planning qui arrivent à mettre 4 à 6 équipes sur le même terrain pour s'entraîner. Mais cette situation n'est plus supportable", souffle Sébastien Dufaux, président du FC Estavayer-le-Lac. Le club a doublé de taille en 10 ans. Selon les projections, le nombre de licenciés devrait frôler la barre des 400 d'ici 2030. Il estime avoir désormais besoin de trois terrains. "L'ASF préconise entre 120 et 130 utilisateurs par terrain pour pouvoir pratiquer agréablement notre sport", ajoute Sébastien Dufaux.
Le football renforce le lien social
"Le foot, c'est de l'intégration, parfois de l'éducation. Ce sont des amitiés, de la santé physique et mentale. Ce sont pour toutes ces choses que nous nous battons pour ce projet", souligne le président du FC Estavayer-le-Lac. De plus, les terrains seront ouverts au public lors de certaines plages horaires durant la semaine.
3 arguments du comité référendaire
Le crédit d'investissement n'est pas la facture finale
La votation porte sur un crédit d'investissement de 16,62 millions de francs. Ce montant comprend la réalisation des trois terrains de football synthétiques (env. 6 millions), celle de la buvette, des vestiaires et des locaux techniques (env. 6 millions), la réalisation d'un parc et d'un biotope (env. 2 millions), et des honoraires et frais secondaires (env. 1,5 million). "Quand on épluche un peu le projet, on se rend compte qu'il n'y a pas tout qui est compris dedans. Les aménagements liés à la mobilité, l'achat des parcelles et les frais de notaire n'y sont pas inclus", explique Raphaël Decaunes, membre du comité référendaire.
Ce n'est pas équitable pour les autres sociétés de la commune
"Le plus choquant c'est que ce montant n'est destiné qu'à un seul sport", s'indigne l'opposant Raphaël Decaunes. Le comité référendaire est persuadé qu'il faut des infrastructures dignes de la commune, mais il reproche la manière de faire. "On nous dit que les écoles pourront utiliser les terrains, mais quand le feront-elles ? Une fois par année pour les joutes sportives ? Cela ne mérite pas une dépense pareille", selon Raphaël Decaunes.
La réalisation des terrains de football bloque la possibilité de projets de mobilité
Les terrains synthétiques sont prévus sur des terres agricoles, à l'entrée de la ville d'Estavayer, proche du château d'eau. Pour les opposants, ce n'est pas le bon endroit car ces terrains pourraient servir à d'autres projets. "On condamne des projets visionnaires comme une ceinture de mobilité douce (ceinture verte) ou une route de contournement", estime Raphaël Decaunes, membre du comité référendaire. De plus, l'opposant regrette que des terrains synthétiques soient construits sur des terres agricoles.
Les habitants de la commune d'Estavayer trancheront le 26 avril prochain.


