Sans budget, le canton entame 2026 sans difficultés

Le Grand Conseil a siégé pour la première fois de l'année. La gauche a tenté en vain d'ouvrir le débat sur le budget.

Mardi devant le Grand Conseil, le grand argentier Jean-Pierre Siggen a indiqué que ses services livreraient un rapport intermédiaire au printemps, avant un rapport final en juillet. © Frapp

Le canton de Fribourg a entamé l'année 2026 sans difficultés particulières, malgré l'absence de budget. Les sept directions du Conseil d'Etat déterminent leurs sorties d'argent sur la base des l'ordonnance relative à l’engagement des dépenses indispensables (OEDI).

Mardi devant le Grand Conseil, le grand argentier Jean-Pierre Siggen a indiqué que ses services livreraient un rapport intermédiaire au printemps, avant un rapport final en juillet. La date du 26 avril, avec la votation sur le référendum lancé par la gauche et les syndicats contre la loi sur l'assainissement des finances de l'Etat (LAFE), sera donc fatidique.

Une fois connu le verdict des urnes, la Direction des finances (DFIN) s'attellera alors à produire une nouvelle copie de budget 2026, sachant que la version initiale a été abandonnée dès l'annonce du référendum en octobre. Les députés se prononceront sur le budget refaçonné, avec ou sans LAFE, lors de la session de juin seulement.

De 2025 à 2027

Pour l'heure, la DFIN travaille pour 2026 sur un budget bis avec LAFE et un budget sans LAFE qui en est à sa cinquième lecture, a précisé Jean-Pierre Siggen. Au-delà, elle prépare d'ores et déjà le budget 2027, avec également les contraintes liées au référendum. Enfin, le bouclement des comptes 2025 est en cours normalement.

On sait déjà que les prévisions budgétaires de l’Etat de Fribourg pour l’année 2025 étaient inférieures à la réalité comptable dans plusieurs domaines. Le Conseil d’Etat demande du coup au Grand Conseil un crédit de paiement additionnel pour un montant total de 30,2 millions de francs, soit 0,7% de toutes les dépenses budgétées.

La gauche à l'attaque

Le Parti socialiste a tout de même demandé d'ouvrir le débat sur le budget. Cependant, par 59 voix contre 37 et une abstention, le Grand Conseil a refusé. "On est un Parlement, donc la moindre des choses, c'est qu'on parlemente, c'est-à-dire qu'on interagisse, qu'on pose des questions, qu'on fasse des remarques", a regretté le député Elias Moussa, qui critique le manque de clarté sur certains aspects des finances, notamment le sort des 100 millions que le canton touche de la Banque nationale.

"Si les députés ont des questions, ils peuvent les déposer au sein de la Commission des finances et de gestion ou au sein du bureau", a rétorqué de son côté le centriste Christian Clément. "On ne souhaite pas que le Grand Conseil soit une plateforme pour le marketing du Parti socialiste."

Pour Elias Moussa, la droite serre les rangs et cherche à protéger son conseiller d'État. Une attaque démentie par Christian Clément, qui rappelle que la gauche a toujours eu toutes les réponses qu'elle a souhaité de la part du Conseil d'État.
Débat ou pas, tous les yeux sont désormais rivés sur le 26 avril, date de la votation sur le référendum contre la loi sur l'assainissement des finances de l'État.

ATS - Benjamin Peiry
...