Ouverture du 40e FIFF à Fribourg

La 40e édition du Festival international du film de Fribourg (FIFF) a été lancée vendredi, "sous des augures festifs et rassembleurs". Après les discours, dont celui d'Elisabeth Baume-Schneider, les spectateurs ont vu le premier des 114 films de la sélection.

Aux yeux de son directeur artistique Thierry Jobin, le FIFF est notamment un "lieu où les gens peuvent prendre du recul grâce au cinéma". © KEYSTONE/CYRIL ZINGARO

La cérémonie d'ouverture s'est tenue en présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, cheffe du Département de l'intérieur, qui est revenue sur l'importance du festival. "Dans ce monde bruyant, aux gesticulations déconcertantes, la voix des artistes doit se faire entendre", a relevé la ministre de la culture.

"Une culture forte est plus que jamais nécessaire", a insisté la Jurassienne. "Des espaces comme le FIFF y contribuent pleinement, en offrant des films qui invitent à regarder le monde autrement. Ils rappellent qu’au milieu du chaos, il y a des histoires profondément humaines qui transcendent nos destinés, et donnent de l’espoir."

Lettres d'amour

"Le cinéma qui ouvre les yeux": ce sont les mots qui, émergeant des fleurs du visuel 2026, ont accueilli le nombreux public de la cérémonie. Symboles de diversité et de partages, elles ont fait éclore une édition jubilaire, plus que jamais placée sous le signe de la célébration et du souvenir, ont indiqué les organisateurs.

A l’image des "Lettres d’amour au FIFF" projetées après chaque discours. Venant du Colorado, du Kirghizstan, de Madagascar ou d'Iran, ces témoignages de personnalités passées par Fribourg louent l’impact du FIFF dans leur carrière. Au total, 86 vidéos seront projetées en boucle jusqu'au 29 mars, en entrée libre à l'Arena 2.

L’importance du festival, et de la production culturelle en général, est revenue dans toutes les interventions. Philippe Demierre, président du Conseil d'Etat fribourgeois, a rappelé aussi "l’ancrage local autant que la vocation internationale du FIFF", ainsi que la "parenthèse d’empathie et de joie qu’il ouvre dix jours durant".

Catalyseur d'émotions

"Dans une époque marquée par la brutalité des images, de la parole et des actes, nous nous retrouvons, pendant ces quelques jours de festival, au sein d’une communauté engagée, chaleureuse, multiculturelle, respectueuse, humaniste et ouverte", a souligné le conseiller d'Etat chargé de la santé et des affaires sociales.

Thierry Jobin, directeur artistique du festival, a lui aussi évoqué la "nécessité et la rareté" du FIFF comme "catalyseur de rencontres et d’émotions". "C’est un lieu où les gens peuvent prendre du recul grâce au cinéma, mais aussi trouver un espace apaisant et apaisé pour échanger, même si leurs avis divergent", a noté le Jurassien.

"Chacun sait combien aujourd’hui, un tel endroit, dans la vie comme sur les réseaux, est devenu essentiel", a encore dit Thierry Jobin. Le président de l’association FIFF, Mathieu Fleury, un autre Jurassien d'origine, s’est réjoui pour sa part d’ouvrir une "édition conviviale comme toujours, et plus prometteuse que jamais".

Centre du festival

Mathieu Fleury a mentionné le Nomad Wood Nest, le nouveau centre du festival. "Il reflète parfaitement ce que le FIFF propose: une invitation au voyage, simplement en ouvrant les yeux, un enracinement dans le riche terroir fribourgeois et un nid, un havre de paix pour célébrer, se retrouver et se rencontrer."

Après les prises de parole, les spectateurs ont assisté à la projection du premier des 114 films de la sélection, "A sad and beautiful world", en présence du réalisateur Cyril Aris. Le public est convié en outre, pas plus tard que samedi, à "replonger dans le long métrage libanais qui avait bouleversé la Mostra de Venise 2025.

Via deux séances avec le réalisateur et l’actrice principale Mounia Akl. Le film est proposé en première suisse. Avant même la cérémonie de vendredi, la 40e édition du FIFF s’annonce sous les meilleurs auspices, dans la mesure où les préventes publiques ainsi que les inscriptions aux projections scolaires ont établi des records.

Une preuve de la confiance du public, s'est réjouie l'organisation. Compétitions longs et courts métrages, figures maternelles, cinéma colombien, films fétiches de la lauréate du premier Fribourg Cinema Award Kaouther Ben Hania, sections rétrospectives, frissons nocturnes ou séances familiales sont à découvrir jusqu'au 29 mars.

ATS
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