On débarque chez vous: Cottens
C'est une première: Isabelle Taylor a tiré au sort son propre village! Elle fait visiter à Mattia Pillonel la commune sarinoise où elle a grandi.

La commune en 30 secondes
- Habitants: 1'500
- District: Sarine
- Particularité: Cottens est aussi le nom d'une commune vaudoise... Mais chez nos voisins, elle se prononce sans le "s".
- Fiertés locales: toutes les sociétés de la commune (jeunesse, fanfare, football, athlétisme, choeur mixte, théâtre, tir et pardon d'avance si nous en oublions!), la traditionnelle fête du cervelas au couvert forestier, le sentier botanique imaginé par le droguiste Emanuel Roggen qui habite aussi Cottens, les sculptures près de l'école créées par les écoliers
- Ce qui manque: Une pharmacie, des quais de gare adaptés aux personnes à mobilité réduite, une plus grande participation des citoyens aux manifestations de la commune, des activités pour adultes pas encore retraités
- Ce que les habitants adorent: On trouve tout ce qu'il faut pour bien vivre à Cottens: une gare, un centre avec plein de magasins et un tea-room, une piscine, l'autoroute à proximité, une belle place de jeux en tartan rouge devant l'école, de jolies promenades en forêt vers le terrain de foot ou l'étang de la Mottaz, le tout dans le cadre d'un village tranquille.
- Le truc qu'on ne sait pas sur Cottens: Le coq en cuivre sur le clocher de la première église du village a mystérieusement disparu durant la démolition dans les années 50. Il est resté introuvable des décennies, avant de réapparaître par hasard en 2008 par l'intermédiaire de connaissances d'un habitant, Jean-Marc Sudan! Il aurait passé par plusieurs familles (les noms de Schorderet et Dumas circulent). Il a depuis repris fièrement sa place sur le clocher de la nouvelle église, construite dans un style moderne par l'architecte Pierre Dumas entre 1956 et 1958.
Les visages du jour
Aujourd'hui, nous n'allons pas vous proposer le portrait d'une seule personne, mais plutôt celui d'un groupe d'amis de Cottens. C'était une journée bien spéciale, car tous fêtent leurs 75 ans cette année, et c'est ce vendredi qu'ils ont décidé de le célébrer ensemble. Nous avons rencontré Roland, Pascal, Gisèle, Marc-Antoine, Gilbert, Josiane, Christine et Michel à la résidence St-Martin pour le repas de midi.
Ce dîner a été l'occasion pour ces contemporains de 1951 de batoiller sur de vieilles anecdotes du village. Notamment en 1949, lorsqu'une annonce dans La Liberté déclarait que l'instituteur du village était décédé, "alors que ce n'était pas du tout le cas", rigole Roland Dubey, dit "Tonton", qui a organisé plusieurs expositions sur le village. "Il y avait un conflit entre le curé et cet instituteur. Mais je ne peux pas vous dire qui sont ceux qui avaient publié l'annonce." Le mystère reste donc entier!
Les copains ont aussi parlé de l'évolution du village. "A l'époque, il y avait 400 habitants, surtout des paysans", se souvient Pascal Roch. "Il y avait aussi plein de petits magasins et le Buffet de la Gare, qui n'existe plus maintenant." Aujourd'hui, Cottens se développe rapidement et est très demandé, "parce qu'il y a tout ce qu'il faut", remarque le Cottensois. Il cite notamment l'EMS d'une centaine de places, la gare, l'autoroute à 6 kilomètres et le centre Denner. "Maintenant j'ai 75 ans, et je regarde d'un autre œil le développement de ce village. Mais on y est bien, on a une bonne équipe, c'est sympa."
Le lieu à connaître
Le centre commercial Denner, justement. Alors oui, "comment ça, un Denner?", me direz-vous. Mais à Cottens, c'est bien plus qu'un simple magasin, c'est le cœur du village. On y trouve une boucherie connue bien au-delà des frontières cottensoises, une boulangerie, la poste, la banque et un tea-room accueillant où se retrouvent chaque jour, du matin jusqu'au soir, les gens du village.
"On se considère comme privilégiés d'avoir ce centre", raconte Jacques Berset. Originaire d'Autigny, il vient régulièrement y boire un café, notamment parce que sa commune à lui a perdu son point de rencontre. Mais à Cottens, il se sent "spécialement bien". "On rencontre plein de gens qu'on connaît et le personnel est extrêmement gentil."
Et du monde, il y en a toujours. À la boucherie de Cottens, nous avons à peine le temps de parler à Jean-Luc Bifrare et Laurence Romanens-Moret, les propriétaires, entre deux clients. "Les gens qui viennent sont super sympathiques", sourit la bouchère. "Je suis toujours à la course, il y a beaucoup de travail."
"On a des clients de Cottens, c'est sûr, mais on a aussi des gens qui viennent de Fribourg, Rossens, Matran, Onnens... Beaucoup de clientèle extérieure", complète son compagnon.
Parole aux habitantes et habitants...
"Même si on n'a pas de voiture, on peut se débrouiller sans problème à Cottens", saluent Monique et Dominique Magnin, qui vivent ici depuis plus de 40 ans. "C'est comme si on vivait en ville, mais à la campagne!" Médecins, piscine, physio, orthodontiste, place de jeux pour les jeunes, des randonnées aux alentours, il y a tout ce qu'il faut dans la commune.
Quand on leur demande ce qui manque dans leur village, ils n'ont pas grand-chose à dire. Les deux retraités apprécient particulièrement la gare et le train. Monique, qui va souvent à Berne et à Fribourg, le prend régulièrement. "C'est plus simple que la voiture, je lis, je discute avec des gens, je regarde la nature." "On est quand même gâtés", ajoute son mari. Le seul regret? Que les quais de la petite gare soient trop bas par rapport à certains trains et ne soient pas adaptés aux personnes à mobilité réduite et difficiles à emprunter avec une poussette ou de jeunes enfants.
Ce qu'on retient de notre journée
Nous l'avons très vite remarqué, et beaucoup d'habitants l'ont dit: il y a tout ce qu'il faut pour bien vivre à Cottens, peu importe votre âge. Même une piscine, ce qui est plutôt rare pour un village de cette taille. En tout cas, si vous devez y faire un tour, n'hésitez pas à vous arrêter au tea-room et à discuter avec les habitants, ils ont plein de choses à raconter sur leur région! Merci encore de nous avoir accueillis.


