Licenciement contesté, l’influenceuse néonazie indemnisée

La Préfecture du Lac condamne la commune de Chiètres à verser une indemnité à son ex-employée. Le licenciement a été jugé trop sévère.

La commune de Chiètres avait licencié avec effet immédiat en 2025 une employée qualifiée d’influenceuse néonazie. © Rédaction/KEYSTONE

L'influenceuse néonazie recevra une indemnité après avoir été licenciée avec effet immédiat par la commune de Chiètres. La Préfecture du Lac a annoncé hier cette mesure dans un communiqué de presse. L’affaire concerne une cinquantenaire employée dans un accueil extrascolaire de la commune lacoise, qui avait fait l’objet d’une enquête interne en 2025. Selon les autorités de Chiètres, l'ex-salariée avait rompu la confiance, indispensable normalement pour un poste dans la fonction publique.

Le scandale avait largement fait le tour des médias en mars de l'an dernier, et le Service de l’enfance du canton avait lui aussi été pointé du doigt pour manquements dans la vérification de son personnel.

L’affaire avait ensuite été portée devant la préfecture. D'après Christoph Wieland, préfet du district du Lac, le principe de proportionnalité n’a pas été respecté et un licenciement avec effet immédiat était trop sévère, selon la Préfecture.

Photo devant le camp d'Auschwitz

La commune avait réagi à des mises en scène publiques et médiatiques qui rattachaient l’employée à l’extrême droite: photos devant le camp d’extermination d’Auschwitz, t-shirt néonazi, tatouages avec symboles d’extrême droite. La Préfecture reconnaît que ces comportements portent atteinte à la relation de confiance.

Mais un licenciement immédiat reste la sanction la plus lourde et n’est justifié que si poursuivre le travail devient objectivement insupportable. Or, ce seuil n’était pas atteint. Un licenciement ordinaire aurait été suffisant et conforme à la loi, rappelle la Préfecture dans son communiqué.

L'autorité lacoise condamne donc la commune de Chiètres à verser une indemnité à l'ex-salariée.

La décision peut encore faire l’objet d’un recours auprès du Tribunal cantonal de Fribourg dans un délai de 30 jours.

Frapp - Yann Girard
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