Mosimann: "Je suis le plus heureux du monde"

DJ, producteur, chanteur, batteur, pianiste; Mosimann vit son année de rêve absolu. Rencontre au Venoge Festival.

Interview de Mosimann au Venoge Festival le 15 août 2026. © Radio Fribourg & Frapp

Radio Fr.: Je ne sais pas ce qui m’a pris de vouloir m’embarquer là-dedans, mais on va assumer et sortir de sa zone de confort… Alors, même si je suis très loin d’avoir ta plume, j’ai eu envie de t’écrire quelques mots, comme un clin d’œil et un hommage aussi à ces sublimes chroniques que tu nous as offertes chaque semaine sur une grande radio française.

Quentin. Oui, Quentin. N’en déplaise à Maude, ta manager, ta meilleure amie et la maman de ta fille. Mais à cet instant, c’est bien à Quentin que j’ai envie de m’adresser. À l’humain, et non à Mosimann, l’artiste. Pardon, Maude!

Quentin, c’est le mec qui s’excuse quand il arrive avec deux minutes de retard à une interview.

Quentin, c’est le seul artiste qui confirme une interview dix jours avant sa venue en festival, là où, souvent, les réponses n’arrivent qu’au dernier moment.

Quentin, c’est le mec que j’interviewe à l’Estivale il y a deux ans, que je recroise deux semaines plus tard au Venoge et qui, au milieu de l’espace presse, avec cinquante personnes autour de lui, vient me dire bonjour et me prend dans ses bras.

Quentin, c’est le mec à qui j’envoie un message sur Instagram le 8 septembre 2024, alors que je regarde "Les 12 Coups de midi", pour lui signaler que, malgré les recommandations de sa manager Maude, sur TF1(!), on l’appelle toujours "Quentin Mosimann". Et lui me répond en rigolant: "Ça va aller, Virginie!"

Et puis il y a l’artiste, le DJ, le producteur, le chanteur, le batteur, le pianiste: il y a Mosimann.

Mosimann, le mec qui vit la plus belle année de sa carrière et qui trouve pourtant le temps d’établir très sérieusement son propre classement des artistes les plus gentils et les plus sympathiques qu’il a croisés au fil des festivals, des plateaux télé et dans les coulisses. Son podium à lui: Soprano, M. Pokora et Orelsan.

Et puisque toi, Quentin, tu as établi ton classement, j’ai aussi eu envie de faire le mien. Et si je devais dresser aujourd’hui le podium des artistes les plus gentils, les plus respectueux et les plus profondément humains que j’ai rencontrés au cours de toutes ces années d’interviews, il n’y aurait aucune hésitation: sur la plus haute marche, ce serait toi, Quentin.

Et finalement, aujourd’hui, j’ai envie de répondre à toutes celles et ceux qui me demandent si Mosimann est réellement aussi gentil qu’il en a l’air sur les réseaux: oui, Mosimann, c’est exactement ce Quentin là. Celui que je viens de vous raconter.

Mosimann: Ça me touche tellement. Merci beaucoup. Il faut peut-être dire aussi que… Je crois que je peux être très, très con avec quelqu’un de très con! Toi, tu n’as que cette expérience parce que tu es particulièrement gentille. Vous êtes particulièrement gentils. Chaque fois qu’on s’est vus, tu as toujours été respectueuse, toujours bienveillante. Tu sais, c’est aussi un truc d’énergie. Il y a des gens qui te renvoient quelque chose qui n’est pas hyper positif. Alors tu ronges un peu ton frein, tu prends sur toi, tu essaies de prendre le temps… J’essaie de donner la même chose à tout le monde, mais il y a des gens à qui tu as envie de donner plus parce que tu sens qu’ils ne font pas ce métier uniquement pour gagner de l’argent, qu’ils le font sincèrement. Enfin, je veux dire… On sent que tu le fais sincèrement. C’est ça que je voulais dire. (rires)

Je vais quand même faire un petit peu mon métier et on va parler de ce single, ce Dream Track, “Soon”, avec Gaëtan Roussel. Tu as raconté que Louise Attaque accompagnait les trajets en voiture de ton enfance. Te retrouver des années plus tard à créer ce morceau avec Gaëtan Roussel… Qu’est-ce que ça te fait de repenser au petit Quentin qui était assis dans cette voiture?

Franchement, c’est incroyable. C’est le pouvoir des chansons. Quand j’entends ce violon de Louise Attaque, quand j’entends cette voix si particulière de Gaëtan… Je ne sais pas, il a quelque chose de spécial, quelque chose qui marque le temps et qui fait qu’instantanément, quand j’entends sa voix, il y a quelque chose qui m’enveloppe. En plus, ce ne sont même pas forcément de bons souvenirs. C’est une période de ma vie qui n’était pas terrible. Donc je reviens à ce moment-là, mais j’ai l’impression de boucler la boucle et de terminer quelque part quelque chose en faisant cette chanson avec Gaëtan, en reprenant cette chanson.

Je suis allée regarder d’un peu plus près ton compte Instagram, et j’aimerais revenir sur ce post où tu nous annonces que tu es papa. Pendant deux ans, tu as protégé ce bonheur, puis, le 24 juin, en direct sur une grande radio française, tu prononces ces mots: “Bonjour Hayden, c’est papa.” Un bonheur très intime qui devenait, à cet instant, une immense déclaration d’amour publique. D’habitude, tu demandes aux autres de te raconter le track de leur rêve. Ta petite fille est évidemment trop jeune pour te raconter le sien, alors tu l’as imaginé pour elle. Qu’est-ce que tu as voulu mettre de vous deux dans ce Dream Track?

Dans cette chanson, on entend bien sûr sa voix. C’est elle qui ouvre le titre en comptant jusqu’à cinq sans jamais prononcer le quatre. Je trouve ça très, très mignon. (rires)

Cette chanson, qui s’appelle “Hayden” — qui s’appellera “Hayden” sur l’album —, parle vraiment des décisions qu’on ne prend pas, de la vie qui nous rattrape, de ce qu’on n’aurait pas imaginé vivre. Ça peut être un coup de foudre, une histoire d’amour, des gens que l’on rencontre… Ça peut être des histoires qui vont au-delà de nos préjugés et qui remettent tout en cause. Il y a forcément des rencontres… J’associe souvent ça à l’amour, parce que le coup de foudre, c’est ça : c’est être tranquille dans sa vie, puis se réveiller un matin en se disant: “Je crois que j’ai rencontré la personne avec qui j’ai envie de passer le reste de ma vie.” Bon, moi, c’est un peu ça. Mais c’est vrai qu’il y a aussi le fait que j’avais accepté l’idée que je ne serais pas père. Comme plein de gens, et je respecte beaucoup ça. Il y a des mamans et des papas qui savent de quoi je parle. Et il y a des hommes et des femmes qui ont décidé de faire en sorte de ne pas avoir d’enfant. Je respecte ça. Simplement, je ne pensais pas… Je n’avais pas la moindre idée de ce que ça aurait pu provoquer dans mon petit cœur. Je n’étais pas au courant de ça. J’ai surtout la chance d’avoir une meilleure amie exceptionnelle parce que je ne voulais pas m’immiscer dans son histoire. Je ne voulais pas lui voler son histoire. Et elle a été incroyable, comme elle l’est toujours. Elle m’a dit: "Écoute, si tu veux faire partie de l’histoire, il n’y a pas de souci. Sois le bienvenu."

Mosimann le 25 juillet 2026 au Paléo Festival de Nyon ©mosimann ©paleofestival

Un autre joli moment, c’était le 25 juillet au Paléo. Ça aussi, tu l’attendais, c’est un rêve qui est devenu réalité. Ton papa est monté sur scène et a remercié le public d’avoir, je cite, “rendu Quentin heureux”. Toi qui étais là en Mosimann, devant des milliers de personnes, qu’est-ce que ça t’a fait d’entendre parler de Quentin à cet instant-là?

Mon petit papa… Ouais, c’est fort, ça. (sourire) Ça m’a beaucoup touché. J’ai appris avec mon père que, si on allait au bout de ses rêves et qu’on faisait avant tout ce qu’on aime, on réussissait. Mon père avait un rêve tout simple, qui n’était pas si fou : il voulait ouvrir une crêperie dans sa montagne et pouvoir l’ouvrir quand il le voulait. Il l’a fait. Ça a été mon modèle, mon modèle de vie, en tout cas une sorte de mentor. Et surtout un mantra: me dire que si je vais au bout de ce dont j’ai envie, j’ai gagné. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Alors, le fait qu’il soit sur scène avec moi, sur un show que l’on a travaillé depuis longtemps, avec mes équipes, avec ma famille… C’était spécial.

Tu parles de rêves, mais il y a un sacré travail derrière. Parce qu’on en a tous, des rêves, mais de là à les réaliser… Tu es un bosseur, tu ne t’arrêtes jamais!

Oui, bien sûr. Mais ce n’est pas la même chose, tu sais. C’est un truc de privilégié. Tout le monde travaille dur, tout le monde travaille beaucoup. Dans ma famille, je suis le seul à avoir fait de la musique; tous les autres travaillent dans la restauration. Et la restauration, c’est un métier très difficile. Ce sont vraiment des métiers dans lesquels on ne compte pas ses heures, où l’on travaille énormément. Moi, j’ai la chance de faire ce que j’aime. Mais surtout, au-delà de ça, j’ai conscience que je fais ce que j’aime. 

Mosimann se produira le 17 avril 2027 à l’Arena de Genève, et prévoit de sortir son nouvel album en février-mars 2027.

Retrouvez l’interview complète en podcast:

RadioFr. - Virginie Pellet
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