Mobilité: lignes fixées pour l'horizon 2045

Le Conseil fédéral entend regrouper dans un même projet l'aménagement des infrastructures touchant au rail, aux autoroutes et au trafic d'agglomération. Il a fixé mercredi les grandes lignes des priorités jusqu'en 2045. Certains projets concernent l'Arc lémanique.

Les priorités du Conseil fédéral s'appuient sur l'expertise Transports'45 publiée l'automne dernier. Le ministre des transports Albert Rösti avait évoqué les conclusions du rapport devant les médias (archives). © KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE

"La Suisse doit avoir un des meilleurs systèmes d'infrastructure de transports, si ce n'est le meilleur", a déclaré le ministre des transports Albert Rösti devant les médias. Pour cela, les projets doivent être planifiés des décennies en avance.

C'est un "devoir envers les générations suivantes" d'investir massivement en la matière. "De bonnes voies de communication constituent un facteur de croissance économique, d'intégration de la population et de dynamisme dans notre pays."

Pour fixer ses priorités, le gouvernement s'est appuyé sur une expertise de l'EPFZ publiée l'automne dernier et sur des évaluations internes. Un projet sera envoyé en consultation d'ici fin juin.

Selon M. Rösti, une attention particulière est portée à la Suisse romande, qui doit bénéficier de projets ferroviaires à hauteur d'environ 7 milliards de francs. Le conseiller fédéral s'est dit conscient que les infrastructures ne suffisent pas dans cette zone. Mais il faut veiller à l'équilibre de toutes les régions. Et de rappeler que d'autres projets interviendront encore après 2045.

20 milliards pour la première étape

Dans les projets ferroviaires déjà approuvés, tous ne pourront être poursuivis. Le gouvernement indiquera en juin lesquels sont concernés.

Dans la première étape d'aménagement 2027, le gouvernement compte demander 20 milliards de francs. L'amélioration de la ligne ferroviaire Bienne-Lausanne/Genève est prévue, ce qui nécessite des investissements de quelque 50 millions dans la région de Renens.

D'autres projets concernent le trafic régional dans la région Genève-Lausanne, la ligne entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds ainsi que l'extension de la gare de Genève Cornavin. Outre-Sarine, il est prévu d'augmenter la cadence sur certaines lignes, entre Berne et Zurich, entre Berne et Lucerne ou encore entre Bâle et Zurich.

Le projet Morges-Perroy fait aussi partie des priorités, mais ne sera inclus que dans le message 2031. Sa planification n'est pour l'instant pas assez avancée, ce qui signifie aussi qu'on ne peut pas encore chiffrer les coûts.

"Le maillon central de Bâle" ou la gare de Lucerne figurent également dans cette deuxième étape d'aménagement, d'un total d'au moins 10,8 milliards. Les travaux devraient commencer avant 2045. Mais la mise en service ne devrait avoir lieu qu'après cette date.

Votation en vue

Les besoins de financement pour ces projets ferroviaires jusqu'en 2045 se montent à environ 24 milliards de francs. Il manque actuellement quelque 10 milliards.

Pour y remédier, le Conseil fédéral prévoit une prolongation du pour mille de la TVA temporaire après 2030, comme source de revenus pour le Fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF). Cela permettrait de générer des recettes supplémentaires d'environ 8 milliards jusqu'en 2045. Divers scénarios sont à l'étude pour couvrir les 2 milliards restants.

Pour prolonger le pour mille de la TVA, la Constitution doit être modifiée. Cela veut dire que le peuple suisse sera appelé à se prononcer.

Aussi les autoroutes

Des projets autoroutiers doivent aussi être développés, financés par le Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). Pour alimenter ce fonds, le Conseil fédéral part du principe que la redevance sur les véhicules électriques entrera en vigueur comme prévu en 2030.

Dans l'étape d'aménagement 2027, l'élargissement à six voies entre Perly et Bernex (GE) doit permettre de supprimer un goulet d'étranglement dans cette région. Un autre élargissement est prévu dans le canton d'Argovie. Ces projets sont devisés à environ 1,5 milliard de francs.

Par ailleurs, huit autres projets routiers sont prévus pour 2045. Neuf sont prévus à l'horizon 2055. Et sept autres sont planifiés à plus long terme, après 2055, comme le contournement de Delémont.

Plus de 30 autres projets, d'un total de quelque 18 milliards,sont abandonnés en raison d'un rapport coût-utilité faible. Il s'agit notamment de l'aménagement Le Vengeron-Nyon, rejeté dans les urnes en novembre 2024. La possibilité d'utiliser la bande d'arrêt d'urgence aux heures de pointe est envisagée sur ce tronçon.

D'autres projets refusés en votation pourraient revenir sur la table, mais pas avant 2031, selon M. Rösti. Des éclaircissements doivent être menés pour évaluer les besoins des cantons et si le non du peuple était général ou ciblé sur certains projets.

Incertitudes

Les coûts de tous ces projets contiennent encore des incertitudes, en raison de la longue durée des travaux, a averti le ministre. Si les moyens financiers devaient manquer, certains projets devraient être reportés ou revus à la baisse.

M. Rösti espère que les coûts seront maîtrisés au mieux. Il compte pour ce faire sur une analyse plus aboutie des futurs projets et l'aide de la numérisation.

Le Conseil fédéral entend aussi soutenir un développement coordonné des transports et de l'urbanisation dans les grandes agglomérations. Des mesures concerneront des projets à Genève, à Lausanne-Morges ou à Zurich, pour des coûts d'au moins 500 millions. D'autres projets sont prévus dans une quarantaine d'autres agglomérations, dont les coûts sont inférieurs à 50 millions.

ATS
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