Migros fusionne: ce qui va changer à Fribourg
La fusion des coopératives Migros soulève des questions sur les magasins, les emplois et les produits régionaux. Olivier Gumy répond.
Est-ce la fin de la Migros Neuchâtel-Fribourg? Annoncée lundi par le géant orange, la fusion des dix coopératives régionales doit permettre de renforcer sa compétitivité sur un marché toujours plus concurrentiel. Mais derrière cette réorganisation, plusieurs questions se posent pour les consommateurs et les collaborateurs de la région: des magasins vont-ils fermer, les produits resteront-ils dans les rayons et des emplois seront-ils supprimés?
Directeur de la coopérative Migros Neuchâtel-Fribourg, Olivier Gumy se veut rassurant sur l’avenir du réseau de vente et des producteurs régionaux. Il reconnaît toutefois que des suppressions de postes sont à prévoir dans les structures administratives. Il détaille les prochaines étapes de cette transformation, qui devra encore être soumise au vote des coopératrices et des coopérateurs en 2027.
L'interview d'Olivier Gumy par La Télé:
La Télé: La coopérative Migros Neuchâtel-Fribourg est appelée à disparaître dans le cadre de la fusion des dix coopératives régionales. Quelles seront les conséquences concrètes pour la clientèle ?
Olivier Gumy: Pour la clientèle, les conséquences seront positives. Le réseau des magasins reste absolument inchangé. Au contraire, cette nouvelle organisation doit nous permettre d’investir encore plus rapidement. Migros prévoit d’ouvrir 150 nouveaux magasins en Suisse dans les prochaines années et d’en rénover 300. Cette restructuration doit nous donner les moyens de réaliser ces investissements et de nous rapprocher encore davantage de nos clientes et de nos clients.
Les 780 personnes qui travaillent dans le canton de Fribourg ne sont pas concernées par le programme de restructuration.
La fusion implique une organisation plus centralisée. Faut-il craindre une standardisation de l’assortiment et la disparition de spécialités locales, comme les meringues fribourgeoises ou la soupe de chalet?
Non. Vous touchez là à un aspect très important pour Migros: la régionalité. Nous voulons mener cette transformation dans le respect de l’esprit coopératif. Les produits régionaux resteront présents et continueront d’être gérés à l’échelle régionale. La fusion ne signifie donc pas que les régions vont disparaître. Au contraire, nous voulons conserver des régions fortes, capables de répondre aux attentes de leur clientèle.
Cette restructuration vise notamment à gagner en efficacité et à réaliser des économies. La coopérative emploie environ 1600 personnes, dont près de 780 dans le canton de Fribourg. Ces emplois sont-ils menacés?
Les quelque 780 collaborateurs dont vous parlez travaillent dans le canton de Fribourg, principalement dans notre réseau de vente. Ces personnes ne sont pas concernées par le programme de restructuration.
La décision appartient à nos coopératrices et à nos coopérateurs, qui devront voter.
Qu’en est-il du personnel administratif? Peut-on exclure des licenciements?
Les structures administratives vont effectivement évoluer, puisque nous disposons aujourd’hui de dix coopératives largement autonomes, avec des structures parallèles. Il faut toutefois tenir compte du calendrier. D’ici à juin 2027, nous ne saurons pas encore si la fusion aura lieu, car la décision appartient à nos coopératrices et à nos coopérateurs, qui devront voter. Si le projet est accepté, il faudra ensuite du temps pour finaliser et mettre en œuvre la nouvelle organisation de manière réfléchie. Durant l’année de transition, jusqu’en juin 2028, aucune suppression de poste liée à la fusion ne sera effectuée.
Mais nous sommes une entreprise qui compte environ 80'000 collaborateurs à l’échelle du groupe. Donc oui, à terme, il y aura des suppressions de postes, nous ne pouvons pas le nier. Cela ne signifie toutefois pas nécessairement des pertes d’emploi. Grâce à la rotation du personnel et à notre responsabilité sociale, Migros cherchera des solutions pour les personnes concernées.
La gestion se fera à l’échelle romande, mais avec une véritable empreinte régionale.
Les 51 magasins de la région Neuchâtel-Fribourg continueront-ils à être gérés de la même manière?
Au moment du vote, rien ne changera. La différence sera simplement organisationnelle: les magasins ne dépendront plus d’une coopérative, mais d’une région chargée de leur gestion. Après une année de transition, une région romande reprendra les rênes et pilotera les magasins. Cette organisation se fera toutefois en conservant l’ancrage local de nos magasins à Neuchâtel, à Fribourg, dans le canton de Vaud et en Valais. La gestion se fera à l’échelle romande, mais avec une véritable empreinte régionale.
Revoir l'interview complète d'Olivier Gumy de La Télé:


