Luiza: "Le portugais vient du cœur, le français de la tête"

Révélée avec le hit “Soleil Bleu” l'été dernier, Luiza a ensuite enchaîné les concerts et sorti un 1er album. Rencontre au Paléo Festival.

Interview de Luiza au Paléo Festival le 26 juillet 2026. © Radio Fribourg & Frapp

Radio Fr.: Luiza, je suis obligée de revenir sur ce hit “Soleil Bleu”, en collaboration avec Bleu Soleil. Au-delà du succès, ce titre a aussi aidé beaucoup de monde. Certaines personnes ont raconté qu’il les avait aidées à sortir de la dépression et il a également énormément plu aux enfants. Mais à l’origine, tu l’as écrit pour toi, tu revenais du Brésil et tu sortais d’une séparation. Ce n’était pas une période incroyable…

Luiza: C’est vrai que j’ai eu besoin de me créer mon petit paradis mental, une bulle d’espérance et de jours meilleurs.

Tu voulais aussi simplement donner un coup de pouce à ces deux jeunes qui se lançaient dans la musique. Ce succès t’a finalement embarquée dans l’aventure et j’imagine qu’il t’a ouvert énormément de portes?

Complètement. Avant cela, j’avais déjà un petit nom, mais vraiment dans le milieu du dub, qui est une sorte de reggae digital. C’est un genre musical très niche. Les gens de ce milieu me connaissaient, notamment le duo Bleu Soleil.

Avec ce titre et son incroyable percée, je me suis fait connaître du grand public. Moi qui voulais simplement donner un petit coup de pouce à ces deux jeunes, cela nous a finalement tous catapultés! Je n’imaginais absolument pas que les choses se passeraient ainsi, mais c’est génial.

Ce succès t’a naturellement amenée à sortir ton premier album en avril dernier. Il a failli s’appeler “La vida”, mais finalement, tu as choisi de lui donner ton prénom. Est-ce aussi une manière de dire qu’aucun mot ne pouvait résumer tout ce que tu voulais raconter dans cet album?

En réalité, je ne pensais pas lui donner mon nom. Je pensais simplement ne pas lui donner de titre. Mais j’aurais pu l’appeler “La vida, cela aurait été très bien. Je crois même que je le regrette un peu parce que les gens me disent: “Ton album s’appelle "Luiza.” Et moi, je leur réponds: “Mais non, il ne s’appelle pas "Luiza", il n’a simplement pas de nom!” (rires)

Je n’avais effectivement pas envie de l’enfermer dans un mot. “La vida possède une connotation immédiatement un peu hispanique, mais, avec le recul, je pense que c’est ce qui aurait le mieux représenté cet album. Peut-être que je ferai une extension de l’album qui s’appellera ainsi.

On trouve énormément de sonorités différentes sur cet album. Pour moi, c’est un disque qui donne autant envie de bouger et de danser que de l’écouter tranquillement lorsque l’on a besoin de s’évader. C'était important pour toi que chacun puisse faire son propre voyage et l’écouter selon son humeur?

On m’associe souvent à une personne solaire. Cela fait évidemment partie de moi. Je pense que cela vient de mes racines brésiliennes, c’est indéniable, je suis comme ça. Mais il existe aussi toute une partie de moi qui est très contemplative, qui aime la méditation et le silence, qui observe, qui lève les yeux vers le ciel et qui peut plonger dans cet infini sacré. C’est un pan de ma personnalité et de ma musique qui est très important pour moi.

Dans cet album, il y a de l’énergie, de la fête, du rythme et de la couleur, mais une bonne partie des morceaux est également très planante. Ils nous permettent de nous envoler dans le cosmos et offrent à chacun la possibilité de réaliser son propre voyage intérieur. C’est important pour moi de pouvoir apporter cela également.

Et aujourd’hui, il y a ce nouveau single, "Elle & Moi", réalisé avec Biga*Ranx. L'histoire est assez dingue puisque ce titre a vu le jour parce que tu as raté un train?

Mais tu es au courant de tout! C’est fou! Je ne crois pas avoir beaucoup raconté cette histoire. (rires) C’est vrai que c’est assez fou. C’est le destin, j’ai envie de dire. Nous avons partagé la scène au Printemps de Bourges, au tout début de la saison des festivals. Nous étions très heureux de nous croiser ce soir-là et nous avons bien fêté cela. Nous nous sommes retrouvés dans les loges, puis à l’hôtel, où nous avons continué la fête. Nous étions simplement trop heureux d’être ensemble !

Je me suis couchée assez tard et je n’ai pas dormi dans ma chambre... Je n’ai donc entendu ni mon réveil ni les appels, et mon équipe ne savait pas dans quelle chambre je me trouvais. Tout le monde avait des choses à faire et le van a dû partir. Ils m’ont dit: “Loulou, tu prendras un train et tu te débrouilleras!” (rires) À mon réveil, j’ai constaté qu’il n’y avait que des trains à 15 ou 16 heures. L’équipe de Biga m’a alors proposé de venir avec eux jusqu’à Tours pour prendre un train depuis là-bas. Mais une fois à Tours, nous n’avions toujours pas envie de nous quitter. Nous nous sommes dit: “Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour créer quelque chose ensemble?” Je suis donc restée deux ou trois jours à Tours. Nous avons écrit la chanson sur place et nous étions trop contents !

©luizamusic_

J'ai également été fouiller ton compte Instagram et j’ai ressorti deux publications, dont ton tout premier post. Il date du 16 avril. Tu t’en souviens?

Pas de la date, mais je me souviens de la photo. C’était ma toute première publication.

Tu avais quel âge sur cette photo? 

Quatre ans, peut-être… Je ne sais pas. Trois ans, probablement. En tout cas, c’était au Brésil.

Lorsque tu regardes cette photo, quels souvenirs te reviennent?

En plus, présentée comme ça, je la trouve magnifique. J’adore le cadre! C’est mon arrière-grand-mère qui me tient le trombone et j’aime beaucoup que l’on voie les pieds nus. Je trouve que cette photo représente bien l’esprit de célébration et de liberté du Brésil. Elle symbolise aussi le privilège que j’ai eu de pouvoir partager cette culture et cette double vie avec ce pays. La musique et l’art ont toujours été très présents dans ma vie. C’est véritablement une chance. Je crois que c’est ma mère qui a pris cette photo… ou peut-être mon père.

La deuxième publication que j’ai retenue est une vidéo du 13 mai dernier.Tu y interprètes "Caicó", une chanson traditionnelle brésilienne. Qu’est-ce que le portugais te permet d’exprimer que le français ne peut peut-être pas t’apporter?

Beaucoup de choses. J’ai même remarqué que lorsque je passe d’une langue à l’autre, ce sont des zones différentes de mon corps qui sont immédiatement sollicitées. Lorsque je parle en brésilien, en portugais, je sens immédiatement que je parle avec mon cœur. C’est véritablement cette zone-là qui est touchée et utilisée. Le français, c’est davantage la tête. Lorsque je parle en portugais, tout vient d’ici, du cœur. Il y a aussi tout l’égrégore et toute l’histoire que porte cette langue. Elle contient énormément de douceur, d’amour, de bienveillance et de spiritualité.

De chaleur également…

De chaleur, oui, et de sensualité aussi. C’est une langue douce et chaleureuse.

Luiza sera en concert le 16 avril 2027 au Rez de l’Usine, à Genève.

Retrouvez l’interview complète en podcast:

RadioFr. - Virginie Pellet
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