Ludovic Waeber: "Je suis beaucoup plus posé"

Le gardien est de retour à Fribourg après six ans d'absence. À l'aube d'une nouvelle saison, il raconte son évolution.

Ludovic Waeber a aujourd'hui 30 ans. © KEYSTONE

Zurich, l'Amérique du Nord et Kloten: Ludovic Waeber a bourlingué depuis son départ de Fribourg en 2020. Il a progressé et il a fait ses preuves. Le garçon est aussi devenu un adulte, un mari et un père de famille. Interview.

Marie Ceriani: Vous n'êtes plus le même que quand vous êtes parti. Qui est le Ludovic Waeber d'aujourd'hui?

Ludovic Waeber: Dans un sens, je me suis assagi. Ce n'est pas vraiment le mot, mais j'ai plus de responsabilités quand je ne joue pas au hockey. Et ça se ressent aussi quand je suis sur la glace. Je suis beaucoup plus posé. 

Vous êtes d'abord parti à Zurich, où on se bat pour le titre. Après, il y a eu l'Amérique du Nord, où vous avez essayé d'atteindre la NHL. Et vous terminez à Kloten, où on lutte pour les playoffs. Qu'est-ce que vous avez appris de ces trois expériences?

Chaque expérience m'a apporté quelque chose de différent. À Zurich, j'y suis allé pour challenger le premier gardien, Lukas Flueler. Il y a beaucoup de positif à en retirer, même si on n'avait pas gagné de titre. Ensuite, je suis allé aux États-Unis. C'était inattendu. Là-bas, les places sont très chères. Mine de rien, beaucoup de choses échappent à ton contrôle. Il faut se lever tous les matins avec la même hargne, alors que tout ne tourne pas en ta faveur.

Et puis, à Kloten, on était des outsiders. Lors de ma première saison là-bas, on a réussi de belles choses. Malheureusement, lors de la deuxième saison, je me suis blessé lors du troisième match. Mais dans l'ensemble, les trois expériences m'ont permis d'évoluer. 

Il y a une expérience qui vous a plus marqué que les autres?

C'était cool de jouer à Kloten, d'être une équipe d'outsiders et d'avoir du succès. Tu joues vraiment avec la "house money", comme on dit en anglais. Dans l'équipe, on se sentait vraiment bien ensemble.

De retour à Gottéron, vous êtes le gardien numéro un. Ca change quoi?

Quand tu es deuxième gardien, comme je l'étais avant mon départ de Fribourg avec Reto Berra, tu te mets une énorme pression. Tu sais qu'il faut absolument que tu livres la marchandise quand on te donne une chance de jouer. C'est donc un poids en moins sur les épaules. 

Ces dernières années, vous avez été souvent blessé. Est-ce que c'est quelque chose qui vous trotte dans la tête?

Les blessures, on essaie vraiment de ne pas trop y penser. Ca fait partie du sport. La saison passée, je me blesse, mais c'est un accident. Ca aurait pu arriver à n'importe qui. Quand tu es en pleine rééducation, que tu bosses pour revenir, tu y fais attention et tu essaies de renforcer les zones qui ont été touchées.

Au fil des années, tu commences aussi à te connaître. Moi par exemple, j'ai eu des petits problèmes musculaires. J'ai un protocole à suivre. J'adapte un peu ma préparation. 

Ce qui n'a pas changé depuis votre départ, c'est l'entraîneur des gardiens de Gottéron, David Aebischer. Quelle est votre relation?

On a une relation joueur-entraîneur, mais c'est aussi devenu mon mentor. On a toujours gardé le contact. Si j'avais des questions sur mes performances ou sur un match, je lui écrivais. Des fois, on se croisait et il me disait: "j'ai regardé tes matchs, il y a un si ou ça qui ne va pas". On ne s'est jamais éloigné. Tous les étés, je participe à son camp d'entraînement. 

Il occupe une grande place dans ma carrière. Il m'a appris beaucoup de choses, tous les petits détails qui font qu'un gardien a du succès. Il réussit à sortir le meilleur de chacun. 

RadioFr. - Marie Ceriani
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