Les Vert.e.s font recours contre l'abattoir de Micarna
Les Vert.e.s de la Broye se joignent à plusieurs associations qui ont déjà déposé un recours contre le permis de construire pour l'atelier de traitement de volaille.

Pour le groupement politique, le projet menace les réserves en eau dans la région, en particulier lors des étés chauds. "Il y a déjà eu des restrictions dans le passé", rappelle Vincent Beuret, président des Vert.e.s de la Broye fribourgeoise et conseiller général à St-Aubin. "Lors des canicules, autant les agriculteurs que les particuliers doivent faire attention à leur consommation. Et on sait que les sécheresses ne vont pas disparaître, au contraire, ce sont des choses qui sont de plus en plus présentes."
Le projet d’abattoir prévoit d’amener de l’eau depuis Corcelles-près-Payerne, entre autres, avec un arrangement fixé pour dix ans. Il représenterait à lui seul 2,5 fois la consommation du village de St-Aubin, selon l'élu écologiste.
Une mobilité mal pensée
Deuxième angle d'attaque pour ce recours: le trafic et l'accès au site. "On considère qu’il est vraiment absurde d’implanter un tel site sur une commune comme St-Aubin, où il n’y a même pas de train", résume Vincent Beuret.
Contrairement à Courtepin, où se trouve actuellement l'abattoir Micarna, le site d'Agrico ne dispose pas de halte ferroviaire. Il doit accueillir plus de 700 collaborateurs en 2029, avec pour objectif d'atteindre les 1600 emplois à terme, contre environ 150 actuellement à Courtepin.
Le transport des poulets engendrerait le passage de plus de 600 poids lourds par jour, selon l'opposition rédigée par Greenpeace. S'ajoute à cela les véhicules personnels, alors que le projet prévoit un parking de 1’600 places. Vincent Beuret craint une surcharge de la sortie d’autoroute d’Avenches. "Cela n’a pas été très réfléchi au niveau régional"
Greenpeace, le mouvement citoyen EcoTransition la Broye, basé à St-Aubin et une trentaine de riverains ont déposé ensemble un recours mercredi passé. La démarche se voulant apolitique, les Vert.e.s défendent leur appel auprès du Tribunal cantonal séparément, même si les objectifs sont les mêmes.
Vincent Beuret ne cache pas la dimension idéologique que comporte aussi ce recours contre l'industrie de la viande. "Ce modèle d’industrie alimentaire n’a plus lieu d’être. Il va a l’encontre de tout ce pour quoi on se bat", assène le président de section, qui dit préférer soutenir une économie à échelle locale.

