Les Tschäggättä dans un Lötschental sinistré

Cette année dans le Lötschental sinistré, le traditionnel cortège des Tschäggättä n'est pas parti du village de Blatten, mais de celui de Wiler (VS). Malgré un sentiment de "deuil" encore présent, les habitants de la vallée font tout pour faire perdurer la coutume.

Les Tschäggättä ont déferlé dans le Lötschental jeudi soir dans le cadre du carnaval. © KEYSTONE/EPA/LOUIS DASSELBORNE
Les Tschäggättä ont déferlé dans le Lötschental jeudi soir dans le cadre du carnaval. © KEYSTONE/EPA/LOUIS DASSELBORNE
Les Tschäggättä ont déferlé dans le Lötschental jeudi soir dans le cadre du carnaval. © KEYSTONE/EPA/LOUIS DASSELBORNE
Les Tschäggättä ont déferlé dans le Lötschental jeudi soir dans le cadre du carnaval. © KEYSTONE/EPA/LOUIS DASSELBORNE
Les Tschäggättä ont déferlé dans le Lötschental jeudi soir dans le cadre du carnaval. © KEYSTONE/EPA/LOUIS DASSELBORNE
Les Tschäggättä ont déferlé dans le Lötschental jeudi soir dans le cadre du carnaval. © KEYSTONE/EPA/LOUIS DASSELBORNE
1 / 6

Le défilé des masques effrayants, sons de cloches, peaux et fourrures a débuté aux alentours de 21h15 jeudi soir dans les rues enneigées de Wiler. Ornés de leurs airs grimaçants et effrayants, les dizaines de Tschäggättä ont marché jusqu'au village de Ferden sous l'oeil attentif du public, comme le veut la tradition du carnaval dans la vallée.

Mais habituellement, le point de départ du cortège - ou du "Tschäggättu-Loif" en dialecte haut-valaisan - est à Blatten, aujourd'hui recouvert de débris. Il est "douloureux" pour la population que l'événement ne puisse s'y dérouler, note auprès de Keystone-ATS Lilian Ritler, responsable marketing auprès de l'Office du tourisme du Lötschental.

"Le deuil est présent. En même temps, nous sommes reconnaissants et heureux que la tradition puisse se poursuivre dans le reste de la vallée et qu'un peu de normalité soit ainsi préservée", poursuit-elle.

De nombreux costumes perdus

Autre "signe fort" indiquant que "la tradition perdure", le fait que des masques aient pu être récupérés parmi les décombres, souligne la responsable. Car deux caves à masques ont été totalement détruites par l'éboulement du 28 mai dernier.

"De nombreux masques, peaux et cloches ont été perdus ou sont ensevelis", explique Lilian Ritler. De jeunes sculpteurs se sont donc entrés en jeu et ont réussi à fabriquer, en peu de temps, de nouveaux costumes qui ont été utilisés pour cette édition.

Pour mémoire, les masques en bois sculptés à la main font appel à une tradition ancestrale, très ancrée dans la vallée. Le plus ancien masque conservée au Musée du Lötschental, situé à Kippel, date d'ailleurs de 1790.

Les Tschäggättä, quant à eux, apparaissent en tant que tels uniquement à cette période "carnavalesque" de l'année, entre la Chandeleur (2 février 2026) et Mardi gras (17 février 2026). Les "monstres" pourront donc encore être aperçus avant l'année prochaine, notamment lors du cortège du carnaval de ce samedi.

Largement présente lors du défilé, la neige a aussi eu pour conséquence de bloquer l'accès au Lötschental pendant plusieurs heures jeudi après-midi. Une avalanche a en effet enseveli un tronçon de la route cantonale menant à la vallée, interrompant le trafic routier et le transport de voitures via le tunnel du Lötschberg. La situation s'était rétablie vers 19h00, une fois la neige déblayée.

ATS
...