Les Suisses se prononcent sur 4 objets

Le programme des votations de dimanche est chargé. Les Suisses se prononcent sur quatre objets. Une baisse de la redevance radio-TV à 200 francs par an, l'imposition individuelle des couples mariés, le fonds climat et l'argent liquide.

Les citoyens suisses se rendent aux urnes. Quatre sujets sont soumis à votation (archives). © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

L'initiative populaire "200 francs, ça suffit!" (initiative SSR) de l'UDC, de l'Union suisse des arts et métiers (usam) et des Jeunes PLR a la redevance radio-TV dans le viseur. Elle veut la faire passer de 335 à 200 francs par an. Dénonçant la taxe de radio-télévision "la plus élevée au monde", les initiants estiment que la population doit avoir "plus d'argent pour vivre".

Ils trouvent aussi "injuste" que les entreprises paient la redevance quand elles ne peuvent ni écouter la radio ni regarder la télévision et que tous les employés et les employeurs s'acquittent déjà du montant dans leur ménage privé. Et de demander que la SSR se recentre sur sa mission principale, à savoir fournir un "service indispensable à la collectivité".

Du côté des opposants, le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l'initiative, de même qu'une large frange du monde politique, des milieux économiques et de la société civile. Ces acteurs estiment que la SSR devrait restructurer fortement ses programmes en supprimant des émissions, ce qui aurait des conséquences trop importantes sur l'offre. Celle-ci risquerait de devenir moins attrayante, ce qui mènerait à des reculs d'audience.

Les opposants craignent aussi que le texte ne mette en danger la qualité de l'information et ne nuise à la cohésion nationale. La diffusion des offres en quatre langues est une richesse qu'il faut soigner, d'après le camp du non. Par ailleurs, la charge financière ne s'allègerait pas forcément pour les consommateurs, qui devraient payer plus pour des abonnements payants ou des services de streaming.

Les opposants se rangent derrière le contre-projet au niveau de l'ordonnance du Conseil fédéral, qui propose une baisse à 300 francs d'ici 2029. D'après les sondages, l'initiative devrait être rejetée, mais l'issue du vote reste incertaine.

Corriger la pénalisation du mariage

La réforme de l'imposition individuelle est elle combattue par deux référendums. Le projet prévoit que les couples mariés soient imposés comme les couples non mariés et remplissent deux déclarations d'impôts distinctes. Environ la moitié des contribuables devrait payer moins d’impôts. Quelque 14% verront leurs impôts augmenter et 36% ne verront aucun changement.

Pour les partisans, il s'agit de la plus importante réforme en matière d’égalité des droits depuis des décennies: elle mettra sur un pied d'égalité tous les couples, quel que soit leur mode de vie. Le revenu le plus faible, souvent des femmes, ne sera plus absorbé par la progression fiscale. Une augmentation du taux de travail des femmes leur sera bénéfique, notamment au niveau de la prévoyance vieillesse.

Les opposants craignent eux de nouvelles inégalités. Les milieux conservateurs considèrent ce projet de loi comme une attaque à l’encontre du modèle de la famille traditionnelle. Selon leurs calculs, 78% des allégements fiscaux bénéficieraient aux 16% des ménages les plus riches.

Le vote devrait être serré selon les derniers sondages.

Probable succès de l'argent liquide

La population doit également se prononcer sur le maintien de l'argent liquide. Deux possibilités s'offrent à elle: l'initiative populaire ou le contre-projet du Conseil fédéral. Tous deux prévoient d'inscrire dans la Constitution la garantie de l'argent liquide, mais les méthodes divergent.

L'initiative "l'argent liquide, c'est la liberté" a été déposée par le Mouvement Liberté Suisse en réaction à la forte hausse des paiements numériques dans le pays ces dernières années. Seule l'UDC soutient le texte.

Le Conseil fédéral propose un texte remanié mais qui vise le même objectif. Les deux propositions obtiennent largement les faveurs de la population, montrent les sondages.

Si les deux textes sont acceptés, les votants devront indiquer leur préférence. Une question subsidiaire qui ne s'était plus imposée depuis 2010.

Vers un non au fonds climat

L'initiative populaire pour un fonds climat veut que le gouvernement engage nettement plus d'argent afin d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Il devrait investir chaque année 0,5 à 1% du PIB suisse, soit entre 4 et 8 milliards de francs.

Le texte défendu par la gauche a peu de chances de passer. Le camp bourgeois, soutenu par le secteur économique, estime que le projet dépasse largement les capacités financières de la Confédération.

Le projet est largement rejeté dans les sondages.

ATS
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