A Fribourg comme en Suisse, les rivières sont au plus bas

La Sarine, la Sionge, la Broye: les rivières fribourgeoises affichent cet été des niveaux historiquement bas.

Ce mois d'août, la Broye charrie seize fois moins d'eau que d'habitude. © KEYSTONE

Fleuves, rivières, ruisseaux souffrent tous de la sécheresse qui sévit depuis des semaines en Suisse. Leurs niveaux sont extrêmement bas. Parmi les stations de mesure de l'OFEV réparties dans différents cours d'eau, 11 ont d'ailleurs atteint un "minimum historique" au mois de juillet.

Entre le 1er avril et le 31 juillet, environ un cinquième des stations de mesure en Suisse a enregistré un record de bas niveau d'eau pour cette période, indique jeudi l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), confirmant une information répercutée par le Tages Anzeiger.

Les rivières fribourgeoises dans le rouge

Ce jeudi, la station hydrométrique de la Sarine à Fribourg affiche 5,2 m³/s. Un chiffre qui parle peu au commun des mortels, mais, selon les échelles de la Confédération, il est classé comme "très bas". Sur la période 1949-2025, la moyenne du mois d'août avoisine normalement  les 35 m³/s. 

Et le constat se répète partout dans le canton. À la hauteur de Vuippens, la Sionge ne dépasse pas 0,125 m³/s. La Broye à Payerne plafonne à 0,25 m³/s. Sur les cent dernières années, la rivière en charriait plutôt 4 mètres cubes. Seize fois plus.

Plateau et Jura particulièrement affectés 

Dans le nord des Alpes, le débit de la plupart des cours d'eau a rarement été si faible. Ces situations d'étiage ne se produisent que tous les 2 à 10 ans, tous les 30 à 100 ans, voire à de plus longs intervalles encore, note l'OFEV. Dans le sud des Alpes, le tableau est moins dramatique en raison notamment de la fonte des glaciers.

Le Plateau et le Jura sont particulièrement affectés par la sécheresse. Le phénomène est palpable sur le Doubs, au niveau d'Ocourt (JU) et sur le Rhin, à Bâle. Dans la cité rhénane, les débits du fleuve sont restés inférieurs à la moyenne pluriannuelle depuis le début de l'année, à l'exception du mois de février.

Les précipitations orageuses de la premier moitié de la semaine passée n'ont pas permis d'améliorer sensiblement les débits des cours d'eau touchés, note l'OFEV. En Suisse, seuls les torrents dont le débit est fortement influencé par la fonte des glaciers échappent aux effets induits par les épisodes de chaleur à répétition.

Les lacs aussi

Il n'y a pas que les cours d'eau qui changent d'aspect avec la sécheresse. Les niveaux d'eau de nombreux lacs sont aussi exceptionnellement bas, relève l'OFEV. Il en est ainsi pour les lacs de Constance, de Walenstadt, de Zurich, de Zoug et du lac Majeur. De plus petits lacs sont également concernés, comme Sempach et Hallwil.

Malgré cette situation, la Suisse dispose toujours "d'abondantes ressources hydriques", assure l'OFEV. Mais cela ne signifie pas pour autant que rien ne changera. Le dérèglement climatique va modifier la disponibilité spatiale et temporelle de l'eau. L'apport en eau issu de la fonte des neiges et des glaciers va aller en diminuant.

Avec des sécheresses plus fréquentes et plus longues, surtout durant la saison estivale, les cours d'eau verront généralement leurs débits augmenter en hiver et baisser en été. La quantité totale d'eau disponible sur l'année ne devrait toutefois reculer que "légèrement", estime l'OFEV.

Les pays voisins de la Suisse souffrent également de cette sécheresse qui frappe durement l'Europe occidentale. L'OFEV ne dispose toutefois pas d'informations suffisamment détaillées pour pouvoir comparer les situations. Les caractéristiques géographiques et hydrologiques de la Suisse sont en outre bien particulières.

ATS / RadioFr. - Nathan Clément
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