Les Juniors A de Gumefens/Sorens face aux "vieux briscards"

Ils devraient jouer avec des jeunes de leur âge, mais ils ont préféré rejoindre la cinquième ligue durant l'été.

Plongée dans un entraînement du lundi soir. © RadioFr.

"On se préparait à jouer avec une dizaine, douzaine d'équipes de Juniors A, mais au final, il n'y avait plus que 4 équipes. On a donc fait une demande pour pouvoir aller en cinquième ligue, avec les actifs, à l'image de ce qui se fait dans l'élite avec des formations de M21. Un grand merci à l'association fribourgeoise de football d'avoir accepté cette formule", explique l'entraîneur des Juniors A de Gumefens/Sorens, Daniel Piller.

Depuis la fin du mois d'août, son équipe, des jeunes âgés de 18 à 20 ans, joue contre des adultes. Et pour l'instant, ça se passe plutôt bien, puisqu'elle s'est installée dans le haut du classement du Groupe I. Daniel Piller est convaincu de l'expérience: "notre objectif, c'est de préparer ces joueurs au monde des actifs. Là, c'est le meilleur moyen de le faire".

Les Juniors A de Gumefens/Sorens ont dû s'adapter et vite. "En face, il y a des vieux briscards, qui ont moins de temps pour s'entraîner, mais qui restent des compétiteurs. Si mes jeunes ne lâchent pas le ballon assez vite, ils vont le sentir sur leurs tendons d'Achille", rigole Daniel Piller.

On se fait toute une idée d'un joueur de cinquième ligue, mais il existe aussi des clichés sur les Juniors A: rapides, techniques, mais pas très expérimentés et trop légers. La vérité se situe certainement à mi-chemin.

Le jeune milieu de terrain de Gumefens/Sorens Julien Chapuis est surpris: "je ne m'attendais pas à un tel niveau. On se dit que c'est l'échelon le plus bas, qu'on va jouer contre des gars qui ne s'entraînent pas vraiment, mais dès les premiers matchs, j'ai tout de suite senti qu'il y avait un vrai niveau".

Julien Chapuis, Timéo Duding et Jonas Haymoz avant l'entraînement

Le gardien Timéo Duding y voit aussi du positif: "chez nous, il y a des gars qui sont encore un peu frêles. Se frotter aux actifs, ça fait du bien. Ce n'est pas forcément mieux qu'avant, mais c'est différent". Un avis partagé par son coéquipier Jonas Haymoz: "physiquement, on doit beaucoup plus s'imposer sur le terrain et on doit faire plus attention à notre placement. Avec les juniors, on peut se permettre de porter le ballon. Là, si tu portes un peu trop le ballon, tu reçois un coup". 

Cet apprentissage, les Juniors A gruériens ont la chance de le faire avec leurs amis. S'ils n'avaient pas rejoint la cinquième ligue, ils se seraient probablement dispersés dans des équipes d'actifs. C'était la crainte de Daniel Piller: "quand un jeune de 18 ans débarque chez les actifs, le deuxième plus jeune a 25 ans, le plus vieux a peut-être 39 ans. Le week-end, on n'a pas les mêmes porte-monnaie, les mêmes envies quand on sort tous ensemble. Au moins là, ils s'amusent entre eux". 

RadioFr. - Marie Ceriani
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