Les gros projets n'ont plus la cote dans le canton
Jugés trop coûteux, luxueux ou non essentiels, le financement de grosses infrastructures peinent à convaincre la population et les autorités.
Le projet de piscine de Planfayon, les terrains de foot d'Estavayer-le-Lac ou encore le terrain de foot synthétique de Châtel-St-Denis. Trois infrastructures sportives, trois refus, soit en votation populaire ou balayé par le législatif communal. Et le 27 septembre prochain, les habitants de Siviriez
vont devoir se prononcer sur une nouvelle école, au centre du village, qui compterait 17 classes. Coût du projet: 20 millions de francs.
Pour Louis Bérard, porte-parole du comité référendaire, l'investissement est trop lourd pour les finances de la commune. "Je trouvais important que la population puisse se prononcer sur un projet aussi important." Toujours le 27 septembre, la population du district de la Veveyse votera sur son nouveau complexe sportif à 59 millions de francs.
On en parle dans Fribourg Fait Maison!, à découvrir en intégralité en vidéo:
Interview de Jean-Claude Cornu, syndic de Romont et Estelle Zermatten, conseillère communale à Bulle:
Jean-Claude Cornu, cette votation à Siviriez vous a-t-elle étonné?
Non, elle ne m'a pas forcément étonné. Dans les associations de communes, il y a des seuils où il y a un référendum facultatif et puis des référendums obligatoires. Ça n'existe pas en matière communale. Et là, on sentait quand même que les choses étaient discutées parce que l'ensemble de l'objet, peut-être, n'avait pas été suffisamment expliqué et explicité en avance.
De votre côté, Estelle Zermatten, faut-il rendre les référendums obligatoires pour les gros investissements communaux?
Je pense que ça ne serait pas forcément une bonne idée de les rendre obligatoires. En tout cas, dans les communes qui ont un Conseil général. Les conseillers généraux sont aussi élus pour représenter la population et puis ils font partie aussi de commissions financières ou de commissions d'aménagement, pour pouvoir suivre ces projets et puis être prêts aussi à comprendre les enjeux derrière et comment on est arrivé à de tels montants.
Dans le temps, c'était plus facile. Si on voulait refaire les vestiaires du foot ou l'éclairage, il suffisait que tous les footeux et leurs familles viennent en assemblée et l'affaire était réglée.
Ne pourrait-on pas imaginer un seuil à partir duquel le peuple serait automatiquement appelé à voter?
Ça pourrait se discuter. Après, ce que j'aimerais dire, c'est qu'il y a aussi des différences quand il y a un Conseil général ou bien quand c'est une Assemblée communale. Peut-être que dans le Conseil général, les gens participent justement à la création du projet et il y a une connaissance du dossier qui est différente.
Jean-Claude Cornu, est-ce un problème de communication?
La nuance entre une commune qui dispose d'un Conseil général, avec une commission financière et des commissions d'aménagement, où les dossiers ont souvent été largement débattus dans le cadre de l'ensemble du processus, c'est peut-être un petit peu différent d'une commune où on n'a que l'Assemblée communale. Dans le temps, c'était plus facile. Si on voulait refaire les vestiaires du foot ou l'éclairage, il suffisait que tous les footeux et leurs familles viennent en assemblée et l'affaire était réglée.
Les projets sont-ils parfois trop ambitieux ou surdimensionnés?
On a parfois tendance à dire que les projets sont surdimensionnés. C'est peut-être vrai si ce projet ne cible qu'une catégorie particulière. Dix-sept millions pour le foot, je comprends qu'on puisse se poser des questions quand on pratique un autre sport. Je ne crois pas non plus que les projets soient luxueux. Parfois, on a tendance à ne pas se rendre compte que ces infrastructures vont durer 30 ou 40 ans. Tout ça, c'est une question de pédagogie.
Il y a une nuance à faire entre les infrastructures publiques indispensables et celles de loisirs.
Estelle Zermatten, Bulle prévoit d'importants investissements, notamment 100 millions de francs pour trois nouvelles écoles. Comment défendre de tels montants?
Ce sont de gros investissements, je comprends que ce sont des montants qui font peur à la population. Maintenant, ce sont des montants qui sont prévus dans notre planification financière à dix ans. Il faut aussi se rendre compte qu'on ne va pas dépenser 100 millions sur six mois. Ce sont 100 millions qui vont être investis sur dix ans, parce qu'on ne va pas construire ces trois écoles en même temps. On sait qu'on a besoin de ces trois écoles à futur. En plus, il n'y a pas que des salles de classe, il y a aussi à chaque fois des salles de gymnastique, les aménagements extérieurs, la cour d'école, et puis tout ça accumulé, c'est clair que ça fait 100 millions.
Jean-Claude Cornu, faut-il faire une différence entre une infrastructure indispensable et une infrastructure de loisirs ?
Il y a quand même une nuance à faire entre les infrastructures publiques indispensables et celles de loisirs. Les écoles sont des infrastructures publiques indispensables, au même titre peut-être que les établissements pour personnes âgées. Une piscine, un terrain de foot, ce n'est pas le cas.
Retrouvez l'intégralité en audio de Fribourg Fait Maison:


