Apprentis: le niveau de français et de math jugé insuffisant

Les entreprises disent devoir compenser elles-mêmes ces lacunes, parfois à leurs frais. Les autorités fribourgeoises répondent.

Les entreprises demandent que la lecture, l'écriture et les mathématiques occupent une place centrale à l'école. © Keystone

Le constat est préoccupant pour les entreprises formatrices. Selon une enquête menée auprès de 2900 responsables, 59% jugent insuffisantes ou plutôt insuffisantes les compétences en écriture de leurs apprentis. En mathématiques, 42% portent le même jugement.

La lecture résiste mieux. Mais pour l’écriture et les mathématiques, les entreprises interrogées disent observer une dégradation depuis cinq à dix ans. Trois sociétés sur quatre indiquent devoir mettre en place des mesures supplémentaires pour aider leurs apprentis à atteindre le niveau attendu.

Des recrutements plus difficiles

Ces lacunes ont aussi un impact sur les embauches. Certaines entreprises renforcent leurs critères de sélection ou laissent des places d’apprentissage vacantes lorsqu’elles ne trouvent pas de candidats suffisamment préparés. Une entreprise sur cinq dit recruter moins d’apprentis ou envisager de le faire à l’avenir.

Economiesuisse, l’Union patronale suisse et l’Union suisse des arts et métiers demandent à l’école obligatoire de renforcer la lecture, l’écriture et les mathématiques. Elles réclament aussi un meilleur suivi du niveau des élèves. Selon elles, l’enjeu est aussi économique : la Suisse a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, et donc de jeunes capables d’entrer en apprentissage avec des bases solides.

Les autorités fribourgeoises répondent

A Fribourg, on ne partage pas ce constat. La Direction de l'économie et de la formation professionnelle souligne qu'il s'agit d'un ressenti des entreprises. L'enquête ne mesure pas les compétences des élèves.

Elle explique aussi que les différentes études menées sur le niveau des élèves (PISA ou CDPIP) ne démontrent pas une baisse du niveau des jeunes.

Mais le canton de Fribourg assure aussi ne reste pas se satisfaire du niveau actuel et se reposer sur ses lauriers. Il est notamment en train d'étudier une nouvelle formule pour les élèves qui veulent refaire leur 3ème année de CO et leur offrir la possibilité d'un accompagnement plus personnalisé.

La Direction de l'économie rappelle enfin que des études scientifiques prouvent que la formation professionnelle est rentable pour la quasi-totalité des apprentissages. 

RadioFr. - Rédaction
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