L'ermitage de la Madeleine et Charmey dans deux polars
Isabelle et Quentin Van Wynsberghe présentent leur polar à quatre mains qui se déroule dans les grottes de l'ermitage de la Madeleine.
A quatre mains entre mère et fils, vous avez écrit un nouveau polar ancré au cœur de Fribourg, avec pour décor les grottes de l'ermitage de la Madeleine. Isabelle, l'histoire de ce nouveau polar, c'est votre inspectrice préférée, Sandrine Althaus, qui se retrouve confrontée à quelques sabotages, c'est bien ça?
Isabelle Van Wynsberghe: Oui, exactement. Sandrine Althaus, c'est un personnage créé par Quentin, une jeune policière fribourgeoise qui doit enquêter en quelques jours, un peu en off, sur des sabotages dans une exposition artistique qui doit se tenir à l'Hermitage de la Madeleine et mettre en valeur l'histoire des femmes.
La Télé: Justement, vous évoquez une enquête contemporaine, qui mêle de l'art, du patrimoine local et l'histoire des femmes. Quentin, y a-t-il eu une sorte d'hommage aux femmes dans ce roman ?
Quentin Van Wynsberghe: Oui, ce n'était pas voulu au départ, mais c’est devenu une évidence. Il y a deux étés, lors du vernissage de notre précédent livre, on a eu la chance de proposer aux personnes présentes de participer à notre prochain livre en donnant un nom ou un prénom. On avait initialement pensé à une seule personne, mais finalement, on a décidé de tirer trois noms. Et par hasard, ce sont trois femmes qui ont été tirées. Ça a été une belle opportunité, et avec l’Hermitage, ce lieu très particulier, on a trouvé un cadre parfait pour mettre les femmes à l’honneur.
La Télé: L'Hermitage, parlons-en. Vous évoquez également le patrimoine local dans cette enquête. Pourquoi avoir choisi les grottes de l'ermitage de la Madeleine comme décor, Quentin?
Quentin Van Wynsberghe: Le choix a été assez naturel, surtout parce qu’il s’agit d’une grotte, d’un ermitage. C’est un lieu touristique, mais aussi un espace qui a une ambiance unique, avec ce côté "clair-obscur" très particulier. C’est ce qui nous a vraiment attirés. Ma mère y est allée il y a quelques années, et elle en est ressortie très touchée.
Isabelle Van Wynsberghe: La première fois que je l’ai visitée, je n’ai pas pu aller jusqu’au bout parce que je sentais comme des énergies négatives. Et puis j’ai appris plus tard que quelqu’un était décédé là-bas dans de tristes circonstances. Mais il m’inspire beaucoup. C’est le décor minéral, en fait, l’enfilade de salles qui est très particulière. Et puis le fait que pendant des siècles, des ermites ont vécu là-bas. Donc c’est très chargé émotionnellement.
La Télé: Est-ce que vous êtes allée souvent sur place, Quentin, pendant l’écriture du livre ?
Quentin Van Wynsberghe: Oui, on s’est rendu à plusieurs reprises. Tout d’abord parce que ma précédente visite datait d’un certain montant de temps. J’étais assez jeune, du coup, je n’avais pas très bien l’enfilade et les salles précises en tête. On y est retourné après une autre fois lorsqu’on avait écrit un peu plus loin pour s’assurer que ce qu’on écrivait tenait la route et que tout pouvait s’enchaîner. On a pu revoir deux, trois passages où à un moment on s’est dit «Ah non, là, la cascade, ça ne jouera pas le passage ici.» Et pour nous, c’était important d’être sûr que ce qu’on écrivait était quand même ancré dans du réel et dans du concret.
La Télé: C’est donc un travail à quatre mains. Ce n’est pas votre premier roman, c’est le quatrième que vous écrivez ensemble, non ?
Isabelle Van Wynsberghe: En fait, on a commencé avec le tout premier, je peux me permettre de le citer, Les Naufragés d’Ogoz, pour participer à un concours littéraire. On a été dans les trois gagnants de ce concours. Et pour ça, en fait, j’avais une idée d’histoire mais pas le temps d’écrire. Et Quentin, je lui ai raconté l’histoire, il m’a dit : «Oui, super, elle est bien, il faut vraiment l’écrire.» Il avait un peu plus de temps à ce moment-là, donc il a pris le relais sur l’écriture. Donc on a gagné du temps, déjà, ça c’était aussi chouette.
Quentin Van Wynsberghe: Beaucoup de partage!
Isabelle Van Wynsberghe: Beaucoup de partage! On s’est beaucoup amusées et on s’est dit : «En fait, ça nous plaît, puis on a plein d’idées pour d’autres histoires.» Donc on a continué et on fait comme ça. Il y a un de nous deux qui a une idée d’histoire, qui raconte à l’autre. Et quand on est OK avec l’histoire, avec le squelette général de l’histoire, après, on décortique, on va dans le détail.
La Télé: Il y en a d’ailleurs, je crois, un autre qui est déjà en route. Vous ne chômez pas, dis donc!
Isabelle Van Wynsberghe :
Oui, il y a un prochain qui sera publié aussi aux éditions Montsalvens prochainement, vers fin mai, début juin. Je ne peux pas encore dire le titre. On revient en Gruyère et on sera très exactement à Charmey!


