Le Conseil d’État dit non à une nouvelle aide aux médias

Le gouvernement fribourgeois rejette une motion qui veut faire participer le canton aux frais de formation des journalistes.

Le Canton se dit contre une nouvelle aide pour participer aux frais de formation des journalistes. © Keystone - Jean-Christophe Bott

Pas de nouvelle aide cantonale à la formation des journalistes, du moins pour l’instant. C'est la volonté du Conseil d’État qui invite lundi le Grand Conseil à rejeter une motion déposée par le socialiste Simon Zurich et le PLR Andreas Freiburghaus. Leur proposition vise à permettre aux médias fribourgeois de faire financer par le canton une partie des coûts liés à la formation de leurs journalistes.

Une aide pour la formation

Concrètement, la motion demande de créer une base légale pour prendre en charge les frais d’inscription à des centres de formation, mais aussi les coûts de personnel liés aux périodes de formation. Les auteurs estiment que cette aide pourrait compenser la disparition, en 2025, d’un soutien fédéral qui contribuait à la formation des employés des radios et télévisions privées concessionnées.

Dans sa réponse, le Conseil d’État reconnaît l’importance de la démarche. "La formation des professionnels des médias revêt une importance essentielle", écrit-il. Il souligne également l’importance de l’ancrage local du journalisme dans un canton bilingue comme Fribourg.

Mais le gouvernement estime que le moment n’est pas opportun pour créer une nouvelle catégorie de soutien. Le canton dispose déjà d’un programme d’aide aux médias lancé en 2024 et valable jusqu’en 2027. Il veut d’abord en tirer un bilan avant d’envisager de nouvelles mesures.

Trop cher, mauvais moment

Le programme actuel prévoit notamment une aide à la numérisation pouvant atteindre 150'000 francs par projet, la prise en charge de la moitié des abonnements à l'agence Keystone-ATS. Le gouvernement préfère donc attendre la fin de ces mesures avant de décider de la suite.

La situation financière du canton pèse aussi dans la décision. Le Conseil d’État souligne que les perspectives budgétaires sont "fortement négatives" et qu’il doit revoir, reporter ou abandonner certains projets pour respecter les exigences d’équilibre budgétaire.

Le débat intervient alors que le secteur traverse une nouvelle période de turbulences dans le canton. En juillet, St-Paul Médias, éditeur de La Liberté, La Gruyère et La Broye Hebdo, a confirmé la suppression de 13,5 équivalents plein temps, entraînant quinze licenciements. La mesure fait suite à la décision de réunir les trois rédactions au sein d’une structure commune.

Frapp - Thibaut Clémence
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