Bertschy: "Je donnerais tous mes points pour le titre"

La finale tant attendue commence ce samedi soir pour les Dragons. Interview avec Christoph Bertschy, qui réalise les meilleures playoffs de sa carrière.

Avec 10 points en playoffs, le Fribourgeois est le meilleur compteur suisse de cette phase finale. © Keystone

Radio Fribourg: Christoph Bertschy, vous avez déjà remporté les playoffs en 2013. Ressentez-vous une vibe similaire aujourd'hui?

Christoph Bertschy: Je sens une vibe positive. Je pense que chacun est satisfait de la manière dont on s'est présenté, et chacun a envie d'aller encore plus loin. Tout le monde sait que ce n'est pas fini. Si tu as la possibilité de jouer une finale, il faut tout donner pour y arriver. C'est ce qu'on a fait, c'est ce qu'on mérite. On a travaillé dur toute la saison pour être là où on est. Maintenant, on est chauds pour que ça commence.

Vous réalisez vos meilleurs playoffs en carrière professionnelle avec 10 points, ce qui fait de vous le meilleur compteur suisse de cette phase finale. Comment vous sentez-vous personnellement?

Je me sentais bien tout au long de la saison. En quarts de finale, j'avais l'impression que notre ligne créait des occasions, mais qu'on manquait de réussite. En demi-finale, la chance a tourné — on a parfois marqué même dans les moments difficiles. Personnellement, c'est clair que ça fait plaisir, mais en playoffs, c'est la performance collective qui compte. Je donnerais tous mes points pour être champion à la fin. C'est quelque chose que je ne regarde donc pas trop.

Comment expliquez-vous que votre ligne fonctionne aussi bien lors de ces playoffs?

En réalité, ça clique depuis le début de la saison — ou presque, car il y avait Sandro Schmid au départ. Mais avec Atilio Biasca et Henrik Borgström, ça fonctionne énormément. On est trois joueurs qui travaillent bien ensemble. Atilio et moi, on est rapides, on essaie d'aller mettre de la pression. Borgström garde bien le puck et nous ouvre des espaces. Ça fonctionne, et on est contents que ça marche ainsi. On arrive à maintenir notre niveau, c'est très positif.

On parle souvent du "mode playoffs". Y a-t-il quelque chose qui change réellement dans votre manière de jouer?

Pas dans la manière de jouer mais mentalement, ça change beaucoup. Chaque moment compte, chaque match compte. Tu joues pour quelque chose. Chaque puck gagné peut finir en but, qui peut décider d'un match, voire d'une série. C'est ça qui change principalement. Notre ligne a toujours été très énergique et très intense. Atilio et moi, on aime faire du forecheck, on aime finir les charges. Défensivement, on est très solides. Donc dans le style de jeu, non, ça ne change pas vraiment. Mais dans la mentalité, oui, clairement.

Vous vous entendez bien sur la glace, mais discutez-vous beaucoup en dehors?

Oui, on s'entend très bien tous les trois. Cela dit, j'ai l'impression que toute l'équipe forme un grand groupe cette année, et ça se voit sur la glace. Mais particulièrement avec nous trois: Atilio habite dans le même quartier que moi, donc on vient ensemble au match et on rentre ensemble. On s'entend vraiment bien.

Pour revenir à 2013: le fait d'avoir été champion jeune dans votre carrière vous a-t-il libéré quelque chose psychologiquement?

En y réfléchissant maintenant, peut-être que oui. Mais sur le moment, je ne m'en rendais pas vraiment compte. J'avais disputé deux fois les playoffs, on était deux fois en finale — pour moi, c'était presque une normalité. Je n'avais jamais imaginé que pendant les 13 années suivantes, je ne réussirais plus à atteindre une finale. Donc avec le recul, oui, c'est clair qu'on garde dans la tête le fait d'avoir réussi. Aujourd'hui, ça me permet d'être calme, de ne pas être trop nerveux, et de montrer aux autres joueurs qu'on est là pour une raison : parce qu'on joue bien.

Frapp / RadioFr. - Léo Martinetti / Mattia Pillonel
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