La HES-SO veut rendre le réseau électrique plus résilient
Voitures électriques, panneaux photovoltaïques: le réseau électrique du pays est challengé par de nombreuses innovations. La HES-SO investit Marly comme laboratoire.
Dans les trente prochaines années, l'entretien et le renforcement du réseau électrique dans le pays devrait coûter entre vingt et trente milliards de francs suisses. La faute une augmentation globale de la consommation d'électricité - notamment due à la décarbonation - qui découle en partie d'innovations récentes: panneaux photovoltaïques, voitures électriques ou encore pompes à chaleur.
Avec le Groupe E comme partenaire principal, la HES-SO travaille sur l'adaptation du réseau électrique, à un niveau de quartier. Le projet, nommé "Smart Energy District", reçoit d'ores et déjà 1,5 million de francs de la part de la plus grande haute école spécialisée suisse. L'expérience se réalise dans le canton de Fribourg, à Marly. Trois sites ont été choisis: le quartier résidentiel Bel-Air, l’écoquartier de l’Ancienne Papeterie et la zone d’activité du Marly Innovation Center (MIC).
Quatre écoles y participent: la HES-SO Valais-Wallis, la Haute école d’ingénierie et d’architecture Fribourg (HEIA-FR), la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA) et la Haute École d'Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud (HEIG-VD).
Vendre de l'électricité à son voisin
"Un réseau électrique c'est finalement, imaginez comme une autoroute, compare Pierre Roduit, professeur à l'HES-SO Valais-Wallis et responsable du projet. Quand il y a trop de véhicules, ça commence à bouchonner. C'est pareil là! On commence à mettre trop d'électrons, quand il y a trop de soleil, ou quand tous les véhicules sont en charge.On doit agir pour éviter de devoir agrandir l'autoroute comme des malades."
Différentes pistes sont envisagées par le groupe de travail qui se base sur les données de plusieurs habitants de la zone qui ont donné leur accord. Parmi elles, les communautés énergétiques locales: des regroupements de personnes physiques ou non qui partagent ou vendent leur électricité directement entre elles.
"Vous allez pouvoir vendre votre énergie solaire. Vous n'allez peut-être pas le vendre au même tarif que la personne qui le vend du réseau à 25 centimes, mais probablement beaucoup plus que les cinq ou dix centimes que vous vendriez si vous le réinjectez sur le réseau, explique Pierre Roduit. Il y a un véritable enjeu de gains économiques, de se vendre entre voisins de l'énergie pour pouvoir beaucoup plus rentabiliser le photovoltaïque."
D'autres solutions sont aussi évoquées: ajustement des tarifs, tarification dynamique, stockage local de l'énergie ou encore la rétribution de la flexibilité.








