Farchim à Bulle: "c'est presque comme une famille"
Interview avec le directeur du site biopharmaceutique, Fabrice Vericel, sur les secrets du succès de UCB Farchim SA à Bulle.

Les personnes touchées par le rhume des foins connaissent bien le Zyrtec. Un antihistaminique produit à Bulle chez UCB Farchim SA. Vincent Dousse a rencontré Fabrice Vericel, directeur du site biopharmaceutique du groupe belge UCB. Le groupe est présent en Gruyère depuis 30 ans et emploie actuellement plus de 700 collaborateurs.
On parle beaucoup d'autres entreprises pharmaceutiques suisses comme Novartis ou Roche. Farchim est plus discrète. Est-ce que vous cultivez cette discrétion?
Non, ce n'est pas forcément une volonté. Nous sommes un acteur qui se voulait local, qui n'a pas forcément cherché les premières années à beaucoup faire de publicité. Mais on voit qu'on est dans un environnement de plus en plus compétitif, qu'on a besoin de plus en plus de talents. On a une forte croissance et du coup ça nous oblige aussi à travailler sur une forme de visibilité, une forme de réputation pour faire en sorte d'avoir toujours les meilleures personnes pour pouvoir assurer les opérations qui sont quand même très compliquées et techniques.
Si ça fait 30 ans que vous êtes installé en Gruyère, ça veut dire que le site vous plaît?
Oui, la région est favorable pour plein de raisons. La première c'est son écosystème. On est quand même au cœur de ce qu'on appelle la Health Valley. Et il y a aussi quelque chose de très riche en Gruyère, c'est l'eau, sa qualité et sa disponibilité. On dépend de l'eau pour fabriquer notre produit biologique la plupart du temps. On est un gros consommateur. C'est aussi pour ça qu'on travaille beaucoup pour réduire la consommation et pour trouver des solutions de recyclage qui sont aussi des options pour limiter notre empreinte environnementale.
À Bulle, Rolex débarque. Est-ce que ça change quelque chose pour Farchim?
En tout cas pas à court terme, peut-être à plus long terme. On y voit plutôt une opportunité. On parle de 2000 emplois et quand on fait venir 2000 personnes, on fait venir leur famille et ces gens doivent aussi trouver du travail. Des personnes potentiellement intéressées par un emploi chez Farchim. Donc, c'est aussi bien d'avoir de la concurrence. Cela nous oblige à toujours nous réinventer, à aller plus loin, à offrir des services qui sont adaptés à l'ère du temps.
Une trentaine de nationalités différentes travaillent dans l'entreprise. C'est un enjeu de réussir à faire travailler tout le monde ensemble?
Chez nous, l'aspect humain est très important. Donc les gens vont toujours se mettre en connexion et essayer de collaborer les uns avec les autres, quelle que soit la langue. C'est plus une opportunité. On a des gens qui sont plutôt dans un profil alémanique parce qu'ils sont tournés vers la Suisse allemande. On a des gens qui sont plutôt anglophones parce qu'ils sont tournés sur les projets. Et on a des francophones tournés sur les opérations. Tout ce monde cohabite dans un mini écosystème à Bulle.
Vous figurez dans le top 10 des entreprises les plus attractives de Suisse et en première position pour la branche chimie et pharma. Qu'est-ce que vous mettez concrètement en place pour le bien-être de vos employés ?
C'est un vrai travail de fond. Il y a quelques années, quand on parlait de problèmes d'attractivité, on a vraiment changé notre manière de fonctionner. On a mis en place des programmes en lien avec la santé et le bien-être des employés, tout ce qui va être justement équité, égalité salariale, etc. Ces programmes nous permettent d'arriver avec une approche structurée. Ce qui joue surtout en notre faveur, c'est qu'on a une culture d'entreprise très forte, ancrée sur l'humain.
Qu'est-ce que ça veut dire? Les gens s'identifient à l'entreprise?
Ils s'identifient complètement à l'entreprise. C'est presque comme une famille. C'est assez fort. Quand vous venez sur le site, les gens vous disent bonjour, ils sourient. On n'a pas vraiment de barrière hiérarchique chez nous. C'est très fluide, on parle avec tout le monde, on s'assoit avec tout le monde, on mange avec tout le monde. Donc ça donne aussi beaucoup de liberté dans la relation et beaucoup de plaisir au travail finalement.
C'est possible d'avoir une boîte qui génère des milliards de profits et de se soucier du bien-être des employés ?
Non seulement c'est possible, mais c'est indispensable! Ce qui fait la force de l'entreprise à Bulle, ce n'est pas forcément les machines, parce que les machines, on peut les mettre partout. C'est vraiment les gens. En restant chez nous, en évoluant au sein de l'entreprise, ils s'enrichissent et ils se développent. Pour nous, c'est une valeur qui n'a pas de prix.
Avez-vous des projets d'expansion à Bulle?
Oui. Comme vous avez vu, on a injecté plus d'une centaine de millions de francs sur l'évolution de certains outils, qu'ils soient industriels ou de laboratoires. On a énormément de terrain à disposition. Nous avons à peu près l'équivalent de six terrains de football qui sont disponibles pour de nouveaux outils industriels. On a vraiment une capacité de croissance et c'est là-dessus qu'on travaille sur les mois à venir.
C'est possible de donner un horizon de temps, un délai concret?
La croissance est garantie sur les dix prochaines années grâce aux projets qui sont en cours. Les discussions sont plutôt sur ce qui se passera après ces dix ans. L'idée est de pouvoir échanger avec tout le comité exécutif d'UCB sur l'après, sur ce qu'on pourrait faire au niveau du site de Bulle pour vraiment répondre aux attentes de croissance du groupe.
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