À Farvagny, Condis prépare son usine du futur
La société spécialisée dans les réseaux électriques a déposé le permis de construire pour son nouveau site. Interview avec son directeur général.

Fabricant de composants pour les réseaux électrique, Condis vient de mettre à l'enquête sa nouvelle usine à Farvagny. Interview avec son directeur général, Stéphane Page, sur ce que cela signifie pour l'entreprise.
RadioFr. Condis met sur la table environ 70 millions de francs pour la construction d'un nouveau bâtiment et pour ses futurs équipements: c'est l'un des plus gros investissements de l'histoire de la société. Pourquoi un tel projet maintenant?
Stéphane Page: La première raison, c'est qu'avec l'électrification de la société et l'intégration des énergies renouvelables dans le réseau notamment, la demande a explosé ces dernières années. Nous n'arrivons plus à répondre à cette demande. Il nous faut donc aujourd'hui plus de capacités de production. C'est un premier objectif, à court-terme.
Votre usine a déjà connu une extension en 2019. Vous dites que c'est aussi une façon d'anticiper une conjoncture plus difficile...
Absolument. Nous sommes dans un marché d'infrastructures, c'est un marché cyclique. Même s'il se porte très bien, nous sommes dans un cycle extrêmement favorable, on sait qu'il y aura des cycles plus durs. Et aujourd'hui, il nous faut un outil beaucoup plus moderne, flexible, beaucoup plus digitalisé également, qui nous permettra d'être plus compétitifs quand le marché se tassera.
Surtout que votre bâtiment actuel, à Rossens, date des années 70...
Le corps de ce bâtiment date de 1973, oui. Il n'est plus du tout adapté à nos besoins. D'abord, notre portefeuille a évolué. Le type de production qu'on avait il y a trois ou quatre décennies n'est plus du tout le même qu'on a aujourd'hui. Sans rentrer dans les détails techniques, l'usine a été construite autour d'un produit phare qui représentait à peu près 80% de notre chiffre d'affaires. Aujourd'hui, il en représente moins de 20%. Cela veut dire que l'on doit repenser notre outil de production. Il faut optimiser nos flux de production, le flux de matière, mais également le flux de personnel.
Vous avez des exemples concrets d'éventuelles optimisations?
L'un de nos opérateurs s'est amusé à calculer le nombre de kilomètres qu'il faisait dans une journée type dans l'usine complète. Il est arrivé à 16 kilomètres! Vous pensez bien que quand on fait 16 kilomètres dans une usine dans une journée, on ne peut pas être efficace ou efficient... Nous avons aussi énormément d'équipements lourds, comme des machines robotisées, des fours, des laboratoires. A ce jour, ils ne peuvent pas être déplacés. Avec la nouvelle usine, toute l'organisation sera repensée.
Vous employez environ 190 collaborateurs actuellement. Vous allez continuer à recruter?
Notre objectif, c'est avant tout la pérennité de la société, de notre savoir-faire. Donc la priorité, c'est de consolider ce que nous avons construit et le personnel que nous avons engagé. Mais l'usine, que nous souhaitons pouvoir ouvrir début 2029, sera dimensionnée pour accueillir entre 200 et 250 collaborateurs.


