5 conseils pour éviter les pièges si vous changez de caisse
Gare aux comparateurs biaisés, aux franchises désavantageuses et au démarchage des courtiers.

Avec la nouvelle hausse des primes d'assurance maladie (+5,2% dans le canton de Fribourg), vous songez peut-être à changer de caisse et choisir l'offre la plus avantageuse pour votre budget. Vous avez jusqu'au 30 novembre pour résilier votre police d'assurance, mais attention cependant à éviter quelques pièges.
1. Utiliser un comparateur indépendant
Comparis.ch, Bonus.ch ou encore Komparator.ch, les outils pour estimer vos primes 2027 sont nombreux. Attention cependant, car ils peuvent être financés par des courtiers ou les assureurs, biaisant leurs résultats.
Simon Zurich, le vice-président de l'Organisation suisse des patients, recommande d’utiliser uniquement le comparateur de l’administration fédérale, priminfo.ch. L'outil développé par la Fédération romande des consommateurs et la RTS est également fiable et indépendant, selon lui.
2. Ne pas céder au démarchage
"Très souvent, les courtiers profitent de démarcher dans leur entourage, auprès de leurs amis, de leur famille ou de leur communauté, en leur proposant des modèles qui ne sont pas forcément les plus adaptés aux besoins de santé ni au budget de ces personnes", observe Simon Zurich.
Certains groupes sociaux sont particulièrement visés, selon lui: "Les personnes âgées qui sont parfois un peu désarçonnées par les démarches administratives, ainsi que les jeunes ou les personnes qui arrivent de l'étranger, qui ne connaissent pas le fonctionnement du système de santé."
En cas de besoin, il conseille de s'informer auprès d'organisations neutres comme l'Organisation suisse des patients (dont il est le vice-président) ou la Fédération romande des consommateurs.
3. Choisir sa franchise
La franchise est un facteur déterminant dans le montant des primes. Simon Zurich recommande de n'utiliser que la plus haute ou la plus basse, de 300 ou 2500 francs.
"Si on a besoin de passablement de soins, on recommande la franchise à 300 francs: c'est comme cela que l'on aura payé le moins à la fin de l'année", explique-t-il. Pour les personnes en bonne santé, il conseille la franchise maximale, avec un avertissement toutefois: "C'est toujours mieux d'avoir cette somme de 2500 francs de côté, qu'on puisse la sortir de sa poche" en cas de souci de santé.
Le représentant de l'Organisation suisse des patients estime que les autres montants n'offrent pas d'avantage clair: "Il faudrait pouvoir évaluer de manière extrêmement précise ses frais de santé pour l'année à venir avant de choisir l'une de ces options. Or, c'est un exercice qui est relativement difficile avec une part d'incertitude", justifie-t-il.
4. Liste de médecins
Attention aussi aux options qui restreignent le choix du médecin, comme les modèles HMO, réseau de soins ou médecin de famille. "Les assureurs mettent sur le marché de plus en plus de modèles sans médecin (ou avec très peu de médecins) dans le canton de Fribourg", met en garde Simon Zurich.
Car si vos praticiens habituels ne font pas partie de la liste, le risque est de devoir quitter le médecin qui connaît votre suivi, de faire de longues distances pour être pris en charge, voire de ne pas être remboursé si vous consultez ailleurs.
Simon Zurich recommande donc de bien vérifier que son généraliste, le pédiatre de ses enfants et ses spécialistes consultés régulièrement font bien partie de la liste.
5. Modèles par téléphone
Plusieurs assurances proposent des modèles avec une assistance téléphonique, souvent moins chers. Les patients doivent d’abord appeler une centrale pour être orientés chez un médecin.
"C'est un modèle qui peut convenir si on a relativement peu besoin de soins, qu'on ne va pas souvent chez le médecin et qu'on n'a pas besoin de coordonner beaucoup ses suivis", note Simon Zurich. "En revanche, si on a besoin d'aller régulièrement chez le médecin, c'est un modèle qui atteint rapidement ses limites", ajoute-t-il.
C'est une charge administrative conséquente pour les assurés, d'autant que la qualité du conseil est souvent assez maigre.
Le vice-président de l’Organisation suisse des patients constate que les centrales téléphoniques sont peu au fait des réalités locales: "À Fribourg, ces modèles renvoient vers les urgences de l'HFR en cas de doute, alors qu'il y aurait peut-être la possibilité d'aller d'abord chez le médecin de garde ou dans une permanence. Cela éviterait d'avoir une prise en charge dans un service d'urgence qui coûte relativement cher et n'est pas forcément l'endroit le plus adapté", juge-t-il.


