École obligatoire: l'État rejette la fusion des services
Deux députés fribourgeois proposent que la gouvernance soit assurée par un seul service bilingue dans le canton. Le Conseil d'État pointe plusieurs problèmes.

Un service pour l'enseignement francophone, un autre pour les classes germanophones et un dernier pour les institutions spécialisées. C'est le fonctionnement actuel de l'école obligatoire dans le canton de Fribourg, intégré à la Direction de la formation et des affaires culturelles (DFAC).
Certains élus du Grand Conseil veulent mettre un terme à cette structure en trois piliers. Les libéraux-radicaux Savio Michellod et Alexandre Vonlanthen ont déposé une motion pour fusionner les trois services existants en une seule et unique organisation cantonale pour l'enseignement obligatoire. Le projet a reçu le soutien de 26 autres députés, issus du PLR, de l'UDC et du Centre.
Dans leur texte, les auteurs affirment que cette réforme permettrait entre autres de diminuer les charges administratives et d'allouer davantage de moyens à la pédagogie.
Trop complexe selon le canton
Le Conseil d'État a publié mercredi sa position sur le sujet. Il encourage le législatif à rejeter la proposition. Selon le gouvernement, un service unique comporterait trop de désavantages, notamment pour la prise en compte de la minorité germanophone et des besoins particuliers.
La probabilité qu'un chef de service francophone soit accepté par la partie germanophone "paraît faible", note le Conseil dans sa réponse. Les différences dans les approches pédagogiques, de l'utilisation des outils numériques à l'évaluation des élèves, semblent aussi trop grandes pour coexister dans un seul service, selon l'exécutif.
En 2017 déjà, la possibilité d'intégrer le service de l'enseignement spécialisé (SESAM) aux deux autres avait été étudiée. Le canton avait alors préféré garder une "entité distincte" pour ce domaine, afin de mieux prendre en compte sa spécificité.
L'exécutif remet aussi en doute le potentiel d'économies que représente ce changement. Il relève que le service juridique et celui des ressources humaines sont déjà communs à tous les services. L'audit du service de l'enseignement de langue française (SEnOF), dont le rapport a été publié l'an passé, avait souligné que sa taille actuelle était déjà "un facteur de difficulté de gouvernance." Le gouvernement cantonal préconise donc de ne pas l'agrandir.
De plus, fait valoir le Conseil d'État dans sa réponse, la collaboration entre les trois branches fonctionne et a même été renforcée, via des réunions communes régulières et des organes communs pour gérer des questions comme la santé à l'école, les travailleurs sociaux en milieu scolaire, la prévention du racisme ou l'inspection scolaire.



