Détournements: la préfète clôt une enquête après 13 ans

Un service d'aide sociale de six communes perd 214'000 francs après des malversations de 2002 à 2011. L'enquête administrative vient juste d'aboutir.

Le Conseil communal de Belfaux avait demandé des informations durant l'enquête. © Frapp

L’affaire aura duré au total treize ans. Une lenteur telle que la préfète de la Sarine, Lise-Marie Graden, reconnaît aujourd’hui un "manque de suivi" dans l’instruction concernant le Service social régional (SSR) de La Sonnaz. Ouverte en 2013, l’enquête administrative a été officiellement close le 15 janvier 2026. 

Le dossier trouve son origine dans des détournements commis entre 2002 et 2011 par une ancienne caissière du SSR, pour un montant dépassant 261’000 francs. Condamnée en 2014 pour abus de confiance, escroquerie et faux dans les titres, l’ex-comptable – aujourd’hui à la retraite – est désormais jugée insolvable et ne pourra pas rembourser tous les montants dus. 

Les six communes membres du SSR – Belfaux, Corminboeuf, Givisiez, Granges-Paccot, Grolley et La Sonnaz – sont ainsi autorisées à effacer une créance jugée irrécouvrable d’environ 214’000 francs, selon l'ordonnance de la préfète de la Sarine. Cette perte est définitive.

Un suivi peu scrupuleux

La durée inhabituelle de la procédure s’explique notamment par l’absence de rapport du premier enquêteur désigné, qui n’a jamais rendu ses conclusions malgré plusieurs rappels. Entrée en fonction en 2022, la préfète Lise-Marie Graden ne relance le dossier que deux ans plus tard, invoquant une question de priorités administratives.

Le rapport final lui est remis en décembre dernier par son prédécesseur Carl-Alexi Ridoré - nouvel enquêteur dans cette affaire - après la mise en place d’un système de contrôle interne renforcé au sein du SSR, une condition à la clôture de l’enquête.

Lise-Marie Graden évoque également la surcharge, le changement de préfet et la priorité donnée à la procédure pénale pour expliquer les retards.

Frais réduits

Contactée, elle reconnaît la nécessité d’un meilleur suivi des procédures anciennes. Un tableau de bord a depuis été instauré à la préfecture.

Les frais de procédure s'élèvent à près de 4000 francs, dont 500 francs ont été symboliquement réduits pour tenir compte de la durée particulière. À noter toutefois que la loi ne prévoit aucun délai légal pour la clôture de ce type d'enquête.

Frapp - Alexia Nichele
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