Des poyas monumentales redessinent le Manoir de Vaulruz
L’illustrateur fribourgeois Thomas Ballé a dessiné deux poyas en acier pour habiller les nouvelles cuisines de l'hôtel. Rencontre.
À Vaulruz, les nouvelles cuisines de l'hôtel Le Manoir ne passent pas inaperçues. Souhaitant moderniser ses installations tout en habillant les façades du bâtiment, Paulo Sciotto a rapidement cherché une solution à la fois fonctionnelle et identitaire. Pour mener à bien le projet, Le Manoir a mandaté l’atelier d’architecture Kigumi, basé à Vaulruz, qui a ensuite fait appel à l’illustrateur fribourgeois Thomas Ballé pour la création des œuvres.
Le bâtiment se distingue désormais par deux poyas monumentales en acier découpé, intégrées aux façades nord et sud. La plus grande recouvre entièrement la façade nord de la nouvelle cuisine, sur près de 8 mètres de large pour 6 mètres de haut. Légèrement plus petite, la façade sud mesure 7 par 4,5 mètres.
Le projet est le résultat d’une étroite collaboration entre architectes, graphistes et artisans. Chargé du dessin des poyas, l’illustrateur fribourgeois Thomas Ballé a travaillé sur le projet pendant près de deux ans. "Ce n’est pas juste un dessin jeté comme ça", explique-t-il. "Forcément, il y a eu plein d’aller-retours."
Un hommage artistique et local à l’agriculture
Les contraintes liées au patrimoine ont fortement influencé le travail artistique. "Le Service du patrimoine m’a dit que les chalets que j’avais dessinés au début étaient des chalets bernois. Pas foufou de faire des chalets bernois en Gruyère", plaisante Thomas. Les bâtiments ont alors été redessinés pour intégrer des références locales, notamment plusieurs gares de la région. "On reconnaît la gare de Vaulruz, avec son petit panneau. C’était un petit clin d’œil à l’architecte historique du Manoir."
Pour le propriétaire du Manoir, les poyas lui sont apparues comme une évidence. "En discutant avec les architectes, on s'est très vite mis d'accord sur ce projet. J'aime l'agriculture et je voulais lui rendre hommage", explique Paolo Sciotto. S’il reconnaît un investissement conséquent, il préfère parler de retour sur investissement.
Les poyas attirent déjà les curieux: des passants s’arrêtent, prennent des photos, posent pour des selfies et découvrent le restaurant. Une visibilité bienvenue
Au-delà de l’esthétique, les œuvres ont aussi dû répondre à des exigences très concrètes. "Une fois qu’on avait tout dessiné, on s’est dit qu’il faudrait peut-être nettoyer les vitres un jour", raconte Thomas Ballé. Certaines parties de la fresque sont ainsi mobiles, permettant l’accès aux baies vitrées sans rompre la composition.

Par leurs dimensions hors normes, les deux œuvres pourraient même décrocher un record mondial. Le projet a fait l’objet de démarches en vue d’une inscription au Livre Guinness des records.


