Sept sièges en deux mois: l'exploit de DAS à Fribourg
Avec sept sièges obtenus lors des élections communales de ce week-end, le mouvement DAS (Dignité, Action, Solidarité) crée la surprise à Fribourg.

C'est une percée pas forcément attendue. À peine deux mois après sa création officielle, le mouvement DAS a décroché sept sièges au Conseil général de la ville de Fribourg, soit autant que le PLR et le Centre-gauche (PCS). Un résultat d'autant plus étonnant que cette formation, qui se revendique de la gauche radicale, a construit sa campagne dans l'urgence.
"Nous sommes très fatigués, mais très heureux d'avoir fait cette première campagne en si peu de temps et d'obtenir autant de sièges", confie Sébastien Peiry, travailleur social de 43 ans et élu au Conseil général. C'était pour lui la première campagne pour un mandat officiel. Ce qui n'est en revanche pas le cas de Sandy Maillard, docteur-e en lettres de 32 ans, qui a déjà été élu-e JLR à Vuadens entre 2016 et 2021 et qui rejoint son collègue de parti sur les fauteuils de Fribourg. "C'était deux longs mois, mais nous ressentons énormément de joie."
L'émergence de DAS n'est pas le fruit du hasard. Le mouvement trouve ses racines dans les mobilisations citoyennes, notamment les veilles pour la Palestine organisées à la gare de Fribourg. "Plusieurs personnes qui se côtoyaient, issues de différentes luttes, ont discuté et se sont dit qu'il fallait créer quelque chose à Fribourg", explique Sébastien Peiry.
Mobiliser l'électorat
L'arrivée de DAS modifie le paysage politique fribourgeois. Les Vert-e-s ont particulièrement subi cette percée, perdant dix sièges par rapport à 2021.
Mais comment expliquer cet engouement pour un parti émergeant? Pour Sandy Maillard, il serait réducteur de considérer que DAS ne puise que dans l'électorat traditionnel de gauche. "Il faut distinguer les électeurs de gauche qui votent habituellement de ceux qui ne votaient pas parce qu'il n'y avait pas de gauche suffisamment alternative à leurs yeux, ou des personnes qui, au-delà de toute étiquette politique, ne se sentaient pas représentées par les partis en place."
Le mouvement revendique un fonctionnement horizontal, sans président ni chef de groupe, où les décisions sont prises collectivement. "Nous avons sept élus, mais toute une série de personnes derrière qui font un travail immense", souligne Sandy Maillard.
Pour sa campagne, ses membres ont établi un programme de huit propositions, en faveur du logement, des droits des enfants et de l'inclusivité notamment. Comme l'indique le nom du parti, "le souhait c'est dignité, action et solidarité", note Sébastien Peiry Folly. "Comment vivre de manière digne à Fribourg, peu importe son statut social, son identité de genre, sa nationalité. Réfléchir à comment est-ce qu'on peut rendre une ville plus solidaire, en menant des petites actions au sein de la commune de Fribourg, en créant des conseils de quartier, des espaces autogérés pour mettre les gens en lien. C'est ce qui va peut-être permettre de faire changer les choses", affirme-t-il.
Reste à voir comment cette nouvelle force parviendra à faire vivre ses ambitions au sein du Conseil général. Malgré la perte des sièges verts, la gauche fribourgeoise garde une large majorité avec 48 élus sur les 80.


