"La Suisse n'est pas la seule à avoir un début compliqué"

La Suisse joue son deuxième match ce jeudi face à la Bosnie. Une confrontation qu'elle doit gagner. Analyse avec Joël Robert, journaliste sportif à la RTS.

Murat Yakin est persuadé, comme les joueurs, que la roue va tourner contre la Bosnie. © Keystone

Cinq jours après le match nul contre le Qatar, les joueurs de Murat Yakin vont jouer leur deuxième match de la Coupe du monde. Ils ont rendez-vous avec la Bosnie-Herzégovine ce soir à 21 h en Suisse et à midi à Los Angeles. Joël Robert est journaliste pour la RTS ; il couvre la Coupe du monde aux États-Unis.

Radio Fribourg: Joël Robert, la Suisse n'a cessé de dire qu'elle voulait faire la meilleure Coupe du monde de son histoire. Il y a ensuite eu le match nul contre le Qatar qui a douché tout cet enthousiasme. Aujourd'hui, c'est quoi le discours des joueurs de la Nati?

Joël Robert: Même si, évidemment, ils savent qu'ils ont raté en partie leur match contre le Qatar, notamment en ne récoltant qu'un seul point, ils sont confiants avant ce deuxième match. Murat Yakin, en conférence de presse, a laissé entendre qu'il n'y aurait potentiellement pas beaucoup de changements dans le onze de départ. La Suisse sait ce qu'elle doit faire contre la Bosnie. Et ce n'est pas la seule équipe qui a connu un début de compétition compliqué, parce que le Portugal et l'Espagne ont également perdu des plumes lors du premier match. Mais voilà, l'équipe de Suisse attendait mieux contre le Qatar ; elle doit se faire pardonner ce soir. Et c'est vrai que si elle perd ce match contre la Bosnie, son aventure pourrait devenir compliquée.

En Suisse, on a presque l'impression qu'il y a un problème, quelque chose qui cloche. Ce n'est pas votre cas sur place?

Difficile à dire s'il y a quelque chose qui cloche avec l'équipe de Suisse. C'est clair que quand les résultats ne sont pas là, il y a toujours des interrogations. Les choix de Murat Yakin, notamment dans les changements, peuvent prêter à discussion, comme les choix également sur le terrain pour le début de la partie. Mais lui, il est droit dans ses bottes. Il se dit qu'il a fait ses choix, qu'il a voulu jouer dans ce système-là. On a eu des occasions, on n'a pas marqué. Mais le fond de jeu reste intéressant.

Murat Yakin est persuadé, comme les joueurs d'ailleurs, que cela va venir et que la roue risque de tourner contre la Bosnie. Il n'y a pas de grosses remises en question. Il n'y a pas non plus des joueurs catastrophés, des entraîneurs catastrophés. Ils savent qu'ils n'ont pas fait ce qu'il fallait en ne faisant qu'un point. Mais voilà, le championnat est encore long. Il leur reste deux matchs pour se qualifier.

Joël Robert, vous en avez couvert plusieurs tournois pour la RTS. Alors, c'est comment de travailler sur cette Coupe du monde qui se joue dans trois pays, les États-Unis, le Canada et le Mexique, en plus sur fond de contexte politique très tendu?

Vous l'avez résumé: c'est ce contexte politique très tendu avant le début de la compétition, surtout avec, par exemple, cet arbitre somalien qui n'a pas pu entrer dans le pays ou des supporters qui ont des problèmes de visa. Et puis, lorsqu'on est dans le pays, lorsque l'on voyage entre les villes, on se rend compte de l'immensité des stades qui sont magnifiques, qui existent déjà pour d'autres compétitions que le football. On est aussi frappés par les prix exorbitants des transports, les prix exorbitants des billets, les prix exorbitants pour nous, Européens, de la nourriture que l'on trouve sur place.

Mais les stades sont pleins. Les supporters sont là. Tout à l'heure, on attend 40'000 Bosniens pour le match à Los Angeles, 3 '000 Suisses qui seront là. Donc les supporters ont fait des sacrifices, se sont déplacés. Et au niveau du jeu, il y a quand même des choses intéressantes. On a vu un très bon Angleterre-Croatie. On espère que le match Suisse-Bosnie sera intéressant et que la Nati, enfin, entrera dans sa Coupe du monde en gagnant cette partie.

Réécouter l'interview: 

RadioFr. - Marie Ceriani
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