Quand les chevaux tournent la page de Noël à Fribourg
Chaque année, une charrette tirée par des chevaux sillonne Fribourg pour ramasser les sapins de Noël, une opération devenue populaire.
À Fribourg, le début de l'année est marqué par une scène peu commune: des chevaux tractant une charrette passent de quartier en quartier pour collecter les sapins de Noël. L'opération, menée en collaboration avec la Ville, se répète en ce moment pour la 7e année consécutive, et attire toujours autant l'attention.
Certains quartiers, comme Pérolles, concentrent une grande partie du travail. "En général, on a beaucoup de sapins sur ce quartier. C'est aussi le quartier où on a le plus de circulation", souligne Didier Barras, chef d'attelage. Malgré le trafic dense, "ça se passe très bien": automobilistes et bus font bien attention à l'attelage, assure-t-il.
Cet agriculteur de La Roche met ses propres juments, Flavia et Aïda, à disposition de l'opération. Elles ne travaillent pas toute l'année, mais sont régulièrement attelées, notamment pour des activités de loisirs ou de formation.
Au passage de l'attelage, la réaction du public est immédiate. "On apporte du plaisir aux gens", observe Didier Barras. "Il y a toujours des grands-parents, des parents avec leurs enfants qui viennent pour leur montrer les chevaux." Certains habitants vont même jusqu'à suivre la charrette quelques mètres, prolongeant un moment devenu, au fil des ans, un petit rituel hivernal.
Une opération stable et bien rodée
Du côté des chiffres, pas de bouleversement. "Au niveau du nombre de sapins, la quantité reste stable: l'an dernier, nous avons recueilli 2600 sapins", chiffre Yves Tercier, contremaître des chantiers pour la Ville de Fribourg et responsable du ramassage. "La tradition de Noël est encore bien ancrée dans les familles et beaucoup de monde a un vrai sapin." Les dates de passage sont communiquées à l'avance dans les informations communales, ce qui incite les habitants à sortir leur arbre au bon moment. Une fois ramassés, les sapins finiront en compost.
L'opération a une dimension sociale : elle s'appuie aussi sur la Fondation REPER, qui emploie des jeunes pour des missions ponctuelles. "Cette année, on a deux jeunes qui viennent aider à ramasser, un jour sur deux", indique Yves Tercier.
Si l'avenir du projet dépendra des décisions politiques et budgétaires, il semble avoir trouvé sa place. "Au niveau de la population, ça a été bien accepté et c'est un peu acquis", estime-t-il.


